Mane Cisneros. Directrice du Festival du cinéma africain de Cordoue : «Je connais assez bien le cinéma algérien»

Elwatan; le Jeudi 3 Janvier 2013
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-Après huit ans de passage à Tarifa, vous avez déménagé votre festival à Cordoue. Quels sont réellement les motifs qui vous ont poussé à effectuer ce changement ?

Tarifa est devenue trop petite et périphérique, donc elle constitue un frein pour la croissance du festival car, d’une part, elle apportait peu de visibilité aux sponsors qui deviennent, avec le temps, de plus en plus difficiles à trouver, et d’autre part elle ghettoïsait trop un festival qui cherche la normalisation des cinémas d’Afrique. Tarifa s’est donnée corps et âme au festival (FCAT) ; maintenant, l’heure du changement est venue.

-Etes-vous satisfaite de cette 9e édition ? Vos objectifs sont-ils atteints ?

Je suis très satisfaite de cette première édition à Cordoue, la ville a très bien accueilli le festival. Il y avait une très belle ambiance festivalière, ce qui est très important pour l’impact international d’un festival spécialisé du cinéma africain et du Moyen-Orient.
Du point de vue de la promotion et de la visibilité, nous avons atteint nos objectifs avec d’énormes pas en avant. Maintenant,  le moment est venu pour passer à l’étape de séduire de plus en plus le public, et l’amener à assister davantage au festival et venir nombreux dans les salles.

-En Espagne, 249 festivals étaient organisés chaque année. Mais la crise économique qui frappe depuis quatre ans la péninsule ibérique a provoqué la disparition de plusieurs festivals. Pensez-vous que le Festival du cinéma africain de Cordoue vivra longtemps, malgré les difficultés financières ?

La réponse, malheureusement, ne dépend pas de moi, mais de la ville de Cordoue et des sponsors publics et privés. Je suis personnellement convaincue que les cinémas d’Afrique ont besoin d’une ville comme Cordoue pour consolider l’image internationale du festival et pour que le spectateur commence à voir les cinémas d’Afrique avec un regard non plus ethnographique, mais tout simplement comme «cinéma». Nous sommes décidés à continuer et à lutter pour maintenir le rendez-vous chaque année.

-Votre festival permet aux cinéphiles espagnols de découvrir  un cinéma  d’un continent généralement méconnu dans les salles ;  pourquoi avez-vous choisi de consacrer cet espace au cinéma africain ?

Vous l’avez dit, parce que le spectateur espagnol n’a pratiquement aucune possibilité de voir des films africains et en général du monde arabe. Il était nécessaire de créer un écran de poids en Espagne aux cinéphiles amoureux de ce genre de cinéma, en attendant que les distributeurs commerciaux décident de diffuser ces productions.

-Coïncidant avec le 50e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, votre festival a programmé, durant cette neuvième édition, 17 films dont 5 films en compétition officielle. Comment s’est  fait le choix des films ?

Comme d’habitude, nous avons fait appel à des experts cinéastes, mais aussi des festivals algériens, des académies et, bien sûr, sans oublier la Cinémathèque algérienne. Je profite de l’occasion pour les en remercier.

-Que connaissez-vous du cinéma algérien ?

Je connais pas mal de films de Nadir Moknèche, de Djamila Saharaoui, bien sûr de Merzak Allouache, de Abdelkrim
Bahloul, de Abdenour Zahzah entre autres, mais je dois avouer que c’est après cette rétrospective que je crois que ma connaissance sur le cinéma algérien est devenue plus solide. J’espère que beaucoup de spectateurs espagnols pourront dire la même chose !

 

Categorie(s): culture

Auteur(s): Ali Aït Mouhoub

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