Mauvais sang : «Adieu !»

Elwatan; le Vendredi 4 Janvier 2013
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Nous sommes le 4 janvier 2013. Je dois prendre de nouvelles résolutions, histoire de faire comme tout le monde. Surtout ne pas (trop) sombrer dans l’individualisme le plus primitif. De voir des films algériens avec une main sur le cœur, de lire des tartines beurrées par les écrivains aux mots douillets et mouillés de gélatine, d’aller visiter des expos où un cheveu noir sur une toile blanche relève pour certains du chef-d’œuvre intemporel, de récupérer mon billet dans chaque musée afin de mieux confirmer les dires de Khalida Toumi, et surtout, surtout, de continuer à divulguer des informations sans queue ni tête tout en marmonnant la complainte du journaliste aigri que je suis. Vous savez, celui qui balance «ça va» quand on lui demande des nouvelles, celui qui crache sur tout et rien, donc sur rien du tout, celui qui passe 1 soirée sur 2 dans un bar, s’abreuvant de bière et fumant clope sur clope tout en maugréant que la vie n’a jamais été un long fleuve tranquille (une insulte pour les amateurs de breuvages dionysiaques).

Exemple, sachez lecteurs et lectrices, que le métier de «journaliste culturel» est sévèrement critiqué ! Récemment, je lisais des déclarations périmées de la «Khalida», affirmant ne jamais lire la presse. Question : à quoi bon continuer notre métier de journaliste, alors que notre (ma) meilleure ennemie ne prend même pas la peine de lire nos (mes) déclarations d’amour ? Autre question : à quoi bon continuer à transmettre des mots dans les yeux et la tête de notre cher lectorat, alors que celui-ci ne lit plus nos interprétations les plus sentimentales sur une œuvre d’art ? Car, la vérité peut blesser, mais personne ne lit réellement la presse en général, et la rubrique culturelle en particulier. Donc, rien ne me surprend dans l’attitude de Khalida Toumi. Que faire ? Que dois-je faire ? Rien, je ne changerai pas d’un iota, surtout que je perçois l’écriture comme un art individuel, égoïste et sensuel.

«Critiquer», ce n’est pas un acte négatif, c’est interpréter pour mieux exister, échanger nos doutes et autres fantasmes à des lecteurs curieux. Un artiste n’a pas besoin de parler de son œuvre, c’est au public de le faire. Quant à la critique ? Elle passe le «oinj», c’est tout, et c’est déjà beaucoup. En Algérie, 90% des journalistes culturels ne transmettent rien, juste des mots d’esprit. Ils devraient réécouter le tube de Bob Dylan, Rainy Day Women #12 & 35 et son refrain légendaire : «Everybody must get stoned» ! Mon souhait pour 2013 ? Que la culture algérienne se déshabille, se dévoile entièrement, soit maltraitée, violentée, réappropriée intelligemment par des journalistes savoureux, au style personnel, et à la subjectivité conséquente. Il faut que ça coule de partout ! 2013 ? A suivre ici ou ailleurs…

Categorie(s): culture

Auteur(s): Samir Ardjoum

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