Mesures d’équilibrage budgétaire aux USA : Le FMI et les agences de notation peu rassurés

Elwatan; le Samedi 5 Janvier 2013
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De fait, la promulgation du texte de loi sur le compromis budgétaire, censé écarter le spectre d’une cure d’austérité qui viendrait plomber la première économie mondiale, est jugée insuffisante par le FMI, eu égard au poids insoutenable à long terme de la dette publique américaine. Tout en saluant les décisions du Congrès écartant des hausses d’impôts et des restrictions budgétaires brusques, le FMI n’a pas manqué de mettre en avant la nécessité pour les élus américains d’aller plus loin pour «remettre les finances publiques (fédérales) sur la voie de la viabilité sans nuire à la reprise économique». Dans une déclaration, reprise jeudi par l’AFP, le porte-parole du FMI, Gerry Rice, a estimé qu’«il faudrait, en particulier, que soit adopté aussi vite que possible un plan complet permettant d’assurer à la fois une hausse des ressources de l’Etat et une maîtrise des dépenses de protection sociale à moyen terme».

Plus vitaux encore pour l’économie américaine et pour le reste du monde, les Etats-Unis devraient, aux yeux du Fonds monétaire international, relever «rapidement» la limite légale de leur dette publique et leurs élus doivent faire en sorte que disparaissent «les incertitudes restantes» quant à l’évolution du budget fédéral à court terme. L’épisode de l’été 2011, où l’absence de compromis entre démocrates et républicains sur le plafond d’endettement a failli mettre l’Etat fédéral en situation de défaut de paiement, semble encore présent à l’esprit des institutions financières internationales. A l’instar du FMI, les grandes agences de notation se montrent, elles aussi, peu rassurées par le nouveau texte de compromis budgétaire engagé par Obama. Standard and Poor’s (SP) tout comme Moody’s ont ainsi estimé que cette loi est loin de régler la question du poids, insoutenable à long terme, de la dette publique américaine. Le nouveau compromis entre républicains et démocrates «ne fournit pas la base d’une amélioration sérieuse des ratios d’endettement de l’Etat (fédéral américain) à moyen terme et au-delà», a estimé Moody’s, cite l’AFP.

Ce compromis, renchérit SP, «ne fait pas grand-chose pour remettre les finances publiques américaines sur une trajectoire plus viable à moyen terme». Moody’s va encore plus loin en jugeant nécessaires de nouvelles mesures de réduction du déficit qui feront ultérieurement l’objet de négociations entre les élus et dont dépendra l’évolution de la note des USA, entre le maintien du AAA, ou un abaissement à AA1. Pour sa part, l’agence SP, qui avait déjà abaissé la note des Etats-Unis à AA+ en août 2011, suite aux tergiversations autour du plafond de la dette, maintient, elle, sa note, tout en y ajoutant la mention de «perspective négative», synonyme d’une menace d’abaissement à moyen terme. SP déplore le fait que le mode de gouvernement et l’élaboration de la politique à Washington sont devenus moins stables, moins efficaces et moins prévisibles que par le passé, rapporte encore l’AFP. En somme, alors que la crise des dettes souveraines en eurozone affecte déjà très gravement le moral de l’économie de la planète, les récentes mesures d’équilibrage du budget américain ne semblent guère apporter un signal fort pour favoriser la reprise de l’activité mondiale.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Akli Rezouali

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