Mohamed Saïd, candidat à la présidentielle : «Les boycotteurs ont le droit de s'exprimer»

Elwatan; le Mercredi 18 Mars 2009
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Le fondateur du Parti liberté et justice (PLJ) se dit solidaire
avec les boycotteurs. Mohamed Saïd dénonce l’accaparement par
Bouteflika des moyens humains et matériels de l’Etat à des fins
électoralistes.
Dépité et amer. Le candidat à la présidentielle, Mohamed Saïd-Belaïd Mohand Oussaïd de son vrai nom - n'a pas caché hier sa déception, quant au cours que tend à prendre la campagne électorale. Lors d'une conférence de presse qu'il a animée au siège de sa permanence nationale sis dans le quartier huppé de Hydra, Mohamed Saïd a déploré les «pratiques attentatoires à l'Etat de droit», le «mépris de l'opinion et du citoyen» que perpétue et affiche le gouvernement. S'en prenant – sans le nommer – au président candidat, Abdelaziz Bouteflika, il déclare : «Si pour certains candidats, la campagne électorale ne débute officiellement que jeudi, elle est pour d'autres déjà achevée.» L'ancien aide de camp d'Ahmed Taleb Ibrahimi dénoncera l'accaparement par Bouteflika «des moyens humains et matériels de l'Etat à des fins électoralistes». Les autres candidats, souligne-t-il, sont condamnés à attendre les hypothétiques «aides publiques» pour financer leur campagne.

«Des aides qui ne sont toujours pas versées et sont utilisées comme moyens de pression et de surenchère».
Mohamed Saïd, qui dit ne nourrir aucune illusion quant à l'issue finale du scrutin, affirme avec une pointe d'humour qu'il n'est pas «pressé» de devenir président.
Le fait, dit-il, que les résultats du scrutin du 9 avril soient connus d'avance ne doit pas se déteindre sur «l'engagement» de vouloir changer l'ordre établi… par les urnes.

Le fondateur du Parti liberté et justice (PLJ), non agréé, se dit également solidaire avec les «boycotteurs» interdits d'expression par le ministre de l'Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni. «Je suis, assène-t-il, pour le droit des boycotteurs à s'exprimer publiquement. Les Algériens ne sont pas des mineurs à qui on impose des choix. Il faut libérer l'Algérie de cette tutelle.» Mohamed Saïd craint-il la fraude électorale ? «Je serais étonné s'il n’y en aurait pas», s'amuse le candidat. Il se dit «porteur d'un projet», celui du «courant majoritaire dans la société algérienne». «Je suis islamiste dans la mesure où il faudrait défendre l'Islam, religion d'Etat, anti-islamiste quand il s'agit d'extraire la religion de l'exploitation politique et politicienne, arabe dans son acceptation culturelle, linguistique et amazigh dans ma profondeur historique», se définit le candidat.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Az. M.

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