Musique-Dernier album de Rabah Tamiti

Elwatan; le Mercredi 2 Janvier 2008
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Le dernier album de Rabah Tamiti est dans les bacs l Assez singulièrement intitulé
Tayri (l'amour), le CD comporte 8 titres alliant beauté des textes et des mélodies, qui, chacun,
se caractérisera par un mode et un cachet particuliers.
Béjaïa : De notre bureau

Le titre phare Tayri dépeint, sous un timbre chaud, et dans le pur style boléro, l'amour vrai contrarié par un cœur dont l'humeur est brume et altière. Le poète amené à la rupture met en cause le cœur, le temps ne venant pas à bout de la douleur. Dans Ayuliw, c'est encore le dialogue entre le cœur et la raison. Un cœur enclin tantôt à la bohème, tantôt à la luxure et à l'ambiance euphorisante des «qaâdate» arrosées, dans une légèreté des liens, se convainc la raison. Istikhbar sahli et rythme guebahi. Un antagonisme que creuse le remords de la perte des valeurs (taârqiyi teqbaylit). La voie du recadrage dans les valeurs sera déclamée dans El ferh. Des thèmes orientés vers le festif licite, l'union par le mariage considérée comme l'un des piliers de nos valeurs. La chute du texte, «athamgharth dhemim iyaâzizen amerruh, imetti wallim indjer di luh gresa iqim dhelfarh el furuh» (Ma mère je suis ton fils bien-aimé, tes larmes dans le bois incrustent la joie) renvoie à l'ancrage et à la perpétuation de la lignée. Le gai, la réjouissance seront joués au berouali (folklore kabyle). Echamawe (la cicatrice), pour verser à son tour les larmes de cette fille éprise mais chez qui, le regard, pour cause jeunesse désinvolte, ne s'était pas arrêté. Tamiti épiloguera sur le texte avec le vieux dicton : «on s'accroche toujours à quelque chose qui nous échappe.» Dans le registre social, la chanson Ezher (la chance) relate le désespoir de la jeunesse; celui-ci est si profond qu’il «ne vous laisse même pas vous ranger du côté de ceux qui attendent». Pour ces deux derniers titres, le chanteur, cherchant plutôt l'écoute «astghel», choisira le style chaâbi sur un rythme cher à Youcef Abdjaoui, le mode sahli. Un fléau social Echrav (l'alcool), ou l’histoire d’un personnage qui se débat dans le cercle vicieux de la fausse euphorie générée par l'atmosphère des cabarets et les lendemains de gueule de bois. Le texte est accompagné par une musique arrangée au quart de temps (el bayati). La mosaïque des styles s'offre un duo dans le genre chaoui, El ghivek chantant la suspicion ou l'incessante remise en cause de l'autre dans le ménage.

Categorie(s): culture

Auteur(s): Rachid Oussada

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