Mustapha Mekidèche à Larbaâ Nath Irathen : «L’informel accapare 50% de la masse monétaire en circulation»

Elwatan; le Lundi 26 Octobre 2015
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«Nos recettes de pétrole et de gaz ont chuté de près de 50%. La balance commerciale a enregistré un déficit de 10 milliards de dollars sur les neuf  mois de l’année 2015. Malgré tous les indicateurs, cette crise vécue déjà en 2008 a été sous-estimée et sous-évaluée. Aujourd’hui, nous importons plus que nous exportons et le gouvernement se voit obligé de puiser dans les réserves de change qui ont baissé de près de 20 milliards de dollars en trois mois. Pour parer au plus pressé, il a fallu même  recourir en 2014 au Fonds de régulation de recettes (FRR)», a-t-il déclaré devant une assistance nombreuse, très intéressée par le thème développé.

Parmi les autres symptômes de la  mauvaise santé  de l’économie nationale, le conférencier cite la dévaluation du dinar qui  a perdu près de 25% de sa valeur, la propagation de l’informel qui accapare 50% de la masse monétaire en circulation, le recul des investissements et la hausse des importations. «Les événements d’Octobre 1988 sont nés d’un contexte économique de crise similaire à celui que vit le pays aujourd’hui», remarque cet universitaire.

Et d’ajouter : «Il faudra trouver l’argent nécessaire pour résorber la crise budgétaire et combler le déficit généré par la baisse des revenus des exportations des hydrocarbures». Selon lui, contrairement à 1988,  le pays  a  une résilience pour y faire face : «Il faut juste mettre en chantier des réformes structurelles. La solution nécessite des sacrifices. La contrepartie doit être socialement supportée et politiquement soutenue. Il faut un consensus au sens large. Faire la surenchère politique là-dessus est très dangereux. Les perspectives de sortie de crise sont dans le consensus social et politique».

Il s’agit également, poursuit M. Mekidèche, de fermer les robinets de la rente et du clientélisme, régler le problème de l’informel, favoriser l’investissement productif. «La substitution aux importations doit passer par l’encouragement de l’investissement via l’émergence d’une classe d’entrepreneurs productifs et non pas de barons de l’import-export. Aussi, améliorer le climat des affaires en facilitant l’accès au foncier industriel en finir avec la bureaucratie.» Dans le même sillage, l’invité du Café littéraire et philosophique a déploré : «Notre pays  construit des millions de logements mais nous continuons d’importer le  ciment de Turquie. Le gaz que nous  lui vendons est utilisé pour fabriquer du ciment qu’on nous revend chèrement.»

Categorie(s): tiziouzou

Auteur(s): Ahcène Tahraoui

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