Musulmans de France : Les Algériens se retirent du CFCM

Elwatan; le Jeudi 19 Mars 2009
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Le divorce est consommé.
Les Algériens gèlent leur participation au CFCM. Les représentants des mosquées de Paris et de Lyon ont justifié leur décision en réaction à un colloque qui s'est tenu à Fès (Maroc), le week-end dernier, à l'invitation du conseil des Marocains de l'étranger auquel était convié David Sénat, conseiller chargé des religions auprès du ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie.
Paris (France).
De notre correspondant

Dans un communiqué, ils «constatent avec regret les dérives personnelles dans la gestion du CFCM dont la mission est strictement au service de tous les musulmans de France».

Ils «s'inquiètent de l'ingérence étrangère dont est l'objet le CFCM» et «dénoncent l'accaparement du CFCM au profit d'intérêts particuliers d'une composante majoritaire et hégémonique du CFCM». Le bureau exécutif du CFCM, élu le 22 juin 2008, compte 17 postes.
Deux personnes y représentent la Grande Mosquée de Paris et deux la Grande Mosquée de Lyon. Le CFCM, fondé en 2003, était présidé par le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, jusqu'aux élections de juin 2008, où il a été remplacé par Mohamed Moussaoui, représentant du Rassemblement des musulmans de France (RMF), majoritairement marocain, arrivé en tête avec 43,24% des voix. La Grande Mosquée de Paris ainsi que celle de Lyon avaient boycotté ces élections, protestant contre le mode de scrutin. Elles ont obtenu des sièges au sein du bureau exécutif en tant que membres fondateurs du CFCM.

Ce n'est pas la première fois que le CFCM traverse une crise, ses membres ne sont jamais à court de désaccords.
Au ministère de l'Intérieur, on indique que ce colloque universitaire n'était qu'un «prétexte» pour les Algériens de la Grande Mosquée de Paris de marquer leur mécontentement après la victoire des Marocains aux dernières élections du CFCM. L'organisation cultuelle n'a jamais dépassé ses clivages, surtout la concurrence entre Algériens et Marocains. La Grande Mosquée de Paris a voulu contourner le CFCM en favorisant la création d'une sorte de «CRIF musulman» sur le modèle du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Le projet est resté au stade embryonnaire, les autorités publiques étant réfractaires à sa création.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Rémi Yacine

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