Patrimoine architectural d'Ighil Ali : La casbah résiste aux siècles

Elwatan; le Samedi 21 Mars 2009
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Le village d’Ighil Ali peut se targuer d’avoir sa casbah. Une casbah qui d’ailleurs se conserve plus ou moins bien. Elle est encore habitée mais la tendance est à l’abandon.
Ceux qui habitent encore dans la «double casbah» (Ighil Ali et Tazayart) ne le font pas par gaieté de cœur ou pour une quelconque perpétuation de la vie de leurs ancêtres. Mais simplement, ils n’ont pas où aller, faute de moyens. Toutefois, il n’est pas terrible que d’habiter cette casbah. Toutes les commodités y sont. L’eau, l’électricité et l’assainissement. Seule fausse note : de vieilles maisons aux tuiles romaines, construites à la pierre taillée et de surcroît sans fil à plomb.
Ces habitations chargées d’histoire seraient érigées depuis des siècles. L’ancienne mosquée de la casbah d’Ighil Ali-centre trône au milieu. «C’est de là que commença la construction d’Ighil Ali d’après la tradition orale vers le 15e siècle. Mais personne ne peut le confirmer étant donné qu’on ne dispose pas d’écrits relatant l’histoire ancienne d’Ighil Ali», nous dit un ex-directeur d’un établissement scolaire. Les ruelles, bétonnées, sont exiguës et ombrageuses.

En été, il y fait frais. Tajemâat est encore-là, quoi que désuète et «démontée» par les temps modernes. Seuls quelques jeunes s’y assoient non pas pour régler les problèmes du village comme jadis mais pour passer du temps entre copains. «Vous voyez ces traces de coups de hache sur cette imposante porte ? Ce sont les soldats français qui voulurent pénétrer dans cette demeure» dit notre accompagnateur. La plupart des portes dateraient de plusieurs siècles. On raconte que ce se fut les artisans de Ath Ouabla qui les fabriquaient à partir des troncs des pins d’Alep. Elles sont imposantes, lourdes et résistantes.
à la sortie de la casbah, en débouchant sur «essouk», Tazayart, une autre casbah, est notre seconde destination. Un, deux, trois,…nous comptons le nombre d’impactes de balles qui ont criblé ce poteau métallique rouillé. «Il y a une trentaine d’impactes de balles sur ce poteau, dit Arezki. C’est un vestige, comme on raconte, d’un accrochage entre les moudjahidine et les soldats français». Arezki est notre second guide. Juste en bas de ce poteau, il y a une cache des moudjahidine.

Impossible d’y pénétrer, tellement elle regorge d’orties géantes. C’est un site historique voué à l’abandon. Ce lieu qui domine tout le Ighil Ali est appelé Tasefayt. De là, la vue est imprenable.
«On peut passer des heures ici sans se rendre compte surtout avec cette verdure» nous dit un ami d’Arezki qui, en géographe de la région, nous indique les lieux et les villages que domine Tasefayt.
De Aït Dassen à Ath Saïda, en passant par Talefsa, Tansaout et tant d’autres, le majestueux «adrar», tout en vert, que coiffe le village d’Azrou, émerveille la vue.

Categorie(s): actu kabylie

Auteur(s): A. Yahiaoui

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