Patrimoine en péril à Temacine : Un ksar en attente de réhabilitation

Elwatan; le Dimanche 19 Fevrier 2012
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Fondé aux environs de l’an 782, Temacine est le nom d’un ksar situé à 160 km de Ouargla et à 20 km de Touggourt. Il s’agit d’une des plus vieilles médinas du sud-est du pays, où des familles Righa, de la tribu berbère des Zenâta, ont élu domicile et construit tout un ksar fortifié unique dans le Sahara algérien, du fait de sa réalisation sur un lit de troncs de palmiers. L’imposant ksar à la «Goubba verte» et au célèbre minaret de Fès est en ruine depuis les intempéries de 1990.

Le ksar de Temacine subit une vaste campagne de réhabilitation dans le cadre du programme «Fonds du Sud», ainsi que le projet «Route des ksour» du PNUD. L’effort de la partie algérienne est théoriquement plus important et couvre une superficie globale de 12 ha, celle du vieux ksar a bénéficié d’une enveloppe de 10 millions de dinars au titre des interventions d’urgence entreprises par le ministère de la Culture dans le but de préserver ce site archéologique classé au patrimoine national. Ces interventions ont notamment porté sur la réalisation d’une étude technique, l’ouverture de voies d’accès à l’intérieur et le confortement des monuments cultuels. Tout un programme structuré par un plan d’occupation du sol classé et approuvé depuis 2007 et qui réglemente toute intervention sur le ksar.

Cette campagne reste toutefois en deçà des aspirations des ksouriens et de l’état de dégradation qui fait craindre le pire actuellement, vu que même les maisons adjacentes au ksar, donc construites à l’extérieur de sa muraille, sont également menacées de ruine. La population se demande pourquoi tant de retard dans la concrétisation des différentes mesures de préservation de ce monument historique, resté vivant malgré les affres du temps et la négligence qui a suivi les intempéries qui l’ont ravagé depuis la fin du XXe siècle. Outre les mesures d’urgence du ministère qui restent peu efficaces jusqu’à la promulgation des textes croit-on savoir, le programme de la «Route des ksour» a alloué une enveloppe de 80 000 dollars à la réalisation d’une maison témoin du ksar afin de susciter le retour des habitants.

La restauration de la «Goubba khadra», la maison du cheikh de la zaouïa Tidjania (un logement de 80m2 gracieusement cédé par Sidi Mohamed Laïd Tidjani et qui a nécessité une enveloppe de 250 millions de centimes) et le grand minaret de la mosquée de Temacine est donc la première étape de cette réhabilitation des monuments témoins qui a pu se faire grâce à la volonté et l’abnégation d’un groupes d’architectes du bureau d’études Modern INK de Touggourt, à sa tête Mme Souad Sellami, qui a réussi à motiver des maîtres-artisans de la région spécialisés dans la construction à base de matériaux locaux et qui ont pu restaurer ces constructions à l’identique. Comme quoi, il est possible de faire des merveilles pour peu que la volonté vainque la bureaucratie.

Objectif atteint pour cette première phase où voûtes, arcades, doukanate et quelques esplanades pourront servir de modèle pour la restauration du reste des maisons du ksar. Il est à rappeler enfin que ce projet est supervisé par une cellule nationale regroupant les instances administratives et techniques concernées, notamment la direction de la culture, la DUCH, l’hydraulique et les affaires religieuses.

En attendant de restaurer le ksar et d’ouvrir les premiers ateliers d’artisanat traditionnels, un groupe de jeunes filles a bénéficié de formations et de microcrédits via l’Angem et un groupe de jeunes hommes du ksar a également bénéficié d’une formation de guide touristique spécialisé au niveau de l’Office de la préservation de la vallée du M’zab (OPVM) afin de faciliter la visite du ksar.   

 

Categorie(s): ouargala

Auteur(s): Houria Hadji

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