Poésie. Patchwork des sens, de Samia Boumerdassi : Sensuelle muse

Elwatan; le Lundi 11 Avril 2011
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Bien que cumulant une expérience de vingt années dans la médecine et une quinzaine d’années dans la peinture, Samia Boumerdassi a également un rapport particulier avec l’écriture. La lecture et l’écriture étaient indissociables durant sa tendre enfance. A l’âge de 11 ans, elle écrit ses premiers poèmes, qu’elle a précieusement gardés et qui feront probablement l’objet d’une publication prochaine. Un peu plus grande, à l’âge de 16 ans, elle publie un article sur la thématique du Ramadhan dans les colonnes du quotidien Horizon.
L’écriture était pour ainsi dire une passion dévorante. Pas un jour ne passait sans qu’elle ne griffonne quelques strophes dans son cahier. A l’université de médecine d’Alger Laperrine, elle a brillé dans le journal estudiantin mural où elle s’occupait tantôt de l’édito tantôt de la page culturelle. Elle avoue que la médecine donne un sens à sa vie. La peinture et l’écriture lui procurent une certaine sérénité.

«J’adore le monde extraordinaire des enfants. Je me sens à l’aise dans mes trois vocations», confie-t-elle humblement.
A travers Patchwork des sens, Samia Boumerdassi livre une cinquantaine de poèmes lourds de sens. Certains de ces poèmes sont accompagnés de ses propres illustrations. Des tableaux qu’elle a réalisés tout au long de son parcours artistique. La voix si singulière de cette poétesse se fragmente en de multiples portraits intérieurs pour mieux atteindre le lecteur. Dans ces poèmes, ce sont nous en femmes, hommes et enfants de ce temps qui sommes souvent mis tendrement en scène. Samia cisèle des fragments de destin, projetant des individus parfois laconiques dans l’univers du monde, les méandres de la vie,  les vertiges de la lucidité...
Dans Patchwork des sens, la poète donne libre cours à son inspiration du moment. Certaines scènes du vécu quotidien, qui peuvent parfois paraître anodines, revêtent un sens particulier. Ces séquences sont démystifiées. Elles se transforment alors en strophes bien agencées.En témoigne Istanbul, Sur le capot d’une voiture ou encore Au Royaume de la chaussette perdue.

Enivrons-nous quelques instants de ce poème intitulé A chaque mot… ses lettres de noblesse :
«Les plus tendres lettres
De l’alphabet se tiennent par
La main…
Pour composer…
Avec beaucoup d’affection le
Mot le plus tendre de la
Création…
Le mot…
L’enfant…
Et comme le petit ruisseau…
Tu deviendras…
Un long fleuve tranquille ou
Tumultueux…
Et tu te jetteras dans
L’enivrant océan de la vie.»

Il est à noter que Samia Boumerdassi est une artiste prolifique et infatigable à la fois. Entre son stéthoscope, son chevalet et sa plume, elle arrive à compartimenter son temps à bon escient. Après la publication de Patchwork des sens, elle compte éditer d’autres écrits, dont  cinq contes pour enfants et deux nouvelles, Bahdja et Les Fleurs tournesol cherchent désespérément le soleil.
Elle est, pour ainsi dire, à la recherche d’un éditeur. Et dire que son défunt père était ancien maquettiste à l’ex-Société nationale d’édition et de diffusion (SNED). Entre temps, les potentiels intéressés peuvent acquérir ce recueil de poésie au niveau de trois points de vente : la librairie Khalimet, la librairie des Beaux Arts et la librairie Thouraya du centre commercial de Bab Ezzouar.

 

Categorie(s): culture

Auteur(s): Nacima Chabani

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