Polémique : L’Algérie a-t-elle besoin d’un Mufti de la République ?

Elwatan; le Vendredi 20 Mars 2009
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Ce projet, vieux de quelque dix ans, dort toujours dans les tiroirs. Le président
Bouteflika n’a pas encore tranché la question : suivre les modèles des Etats dotés
d’un mufti officiel ou sauvegarder l’actuelle formule d’émission de fetwas à
travers le Haut comité islamique.
Oui Le ministre des Affaires
religieuses, Abdellah
Ghlamallah, n’arrête
pas de répéter la nécessité
de créer le poste de
mufti de la République, soutenu par
la très influente Association nationale
des zaouïas d’Algérie qui a appelé à
la création d’une «haute institution»
pour la fetwa, placée sous la tutelle
de la présidence de la République.
Pour les pro-mufti de la République,
les instances régionales existent déjà
– les conseils de wilaya scientifiques
– et il ne manque plus qu'à chapeauter
les pyramides au niveau le plus haut.
La création de ce poste permettrait
d’unifier les fetwas à travers le pays.
Selon l’Association des zaouïas, «plusieurs
courants de pensée se chevauchent,
rendant difficile la fiabilité de
la fetwa. Il est temps de recourir à une
référence qui a toujours servi de socle
spirituel au peuple algérien». Le plus
important, avance-t-on, est de protéger
le rite malékite des influences des
autres écoles et doctrines.

Non Parmi les parties
les plus
réservées sur
ce projet, on compte le
Haut conseil islamique (HCI)
du professeur Bouamrane. La loi
donne prérogative à cette institution
d’être saisie par le chef de l’Etat pour
prononcer des fetwas.
La création du poste de mufti pourrait
interférer avec les prérogatives du
HCI. D’autres opposants à ce projet
craignent que la nature même du régime
républicain soit modifiée, et l’on
redoute une image d’un Etat religieux,
ou du moins qui serait perçu ainsi par
la communauté internationale. Des
sources ont déclaré au quotidien Waqt
Al Djazaïr qu’il serait en outre risqué
de trancher des questions polémiques,
telles que la peine de mort, qui a provoqué
un grand débat dans les arcanes
du pouvoir.
Une telle situation aurait poussé à
trancher dans le vif des sujets délicats
et amener certaines parties à se radicaliser.

Categorie(s): opinions

Auteur(s): Adlène Meddi

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