Présidentielle : des candidats pas très connectés

Elwatan; le Vendredi 20 Mars 2009
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Abdelaziz Bouteflika en a
deux, Louisa Hanoune et
Djahid Younsi aucun. Alors
que la campagne électorale
a officiellement commencé
hier, les candidats n’ont
pas tous jugé utile de faire
leur promotion via un site
Internet. Surf express.
Les candidats à l’élection présidentielle
du 9 avril tentent de s’adapter à Internet et
pour certains d’entre eux, l’exercice paraît
difficile... Il y a d’abord, cette confusion
sur le site de Abdelaziz Bouteflika.
Deux noms de domaine sont utilisés, le
point fr (France) et le point com (universel).
Il n’y a curieusement pas de domaine
point dz (Algérie). Dans la page d’accueil
de www.bouteflika2009.fr, il est souligné
que le site est « indépendant », réalisé par
les concepteurs et réalisateurs du site officiel
de la campagne 2004 (www.bouteflika2004.
dz) « qui ne sont militants d'aucun
parti ». « Ce travail n'est pas le fruit de la
cellule de communication d'Alger ni celui
du RND », est-il ajouté. On passe la page
d’accueil, on se retrouve face à une autre
adresse : www.bouteflika-2009.com.
Cette situation a duré presque un mois
avant le lancement « officiel » du site,
mardi 17 mars, avec un contenu assez
riche baignant dans le bleu choisi pour
la campagne. « L’interactivité constitue
la pierre angulaire du site, lequel se veut
résolument dynamique. Ainsi une web tv
vous permettra de suivre en direct ou en
différé l’actualité du candidat Abdelaziz
Bouteflika tout au long de la campagne.

Pour que l’Algérie forte et sereine ne demeure
pas un voeu pieux, informez vous,
débattez, votez », est-il noté dans l’éditorial
du site. Là, on retrouve l’agenda de la
campagne, le programme électoral, la déclaration
de candidature et une biographie.
Biographie où l’on écrit que Bouteflika
est né le 2 mars 1937 sans préciser le lieu
de naissance. Sous la rubrique « dix ans
d’action », il est permis à l’internaute de
consulter certains dossiers liés à la gestion
de Bouteflika durant ses deux mandats.
Louisa Hanoune n’a pas encore de site.
Le Parti des travailleurs, formation qu’elle
dirige depuis dix-huit ans, présente un
site peu alimenté.
Dans la page d’accueil de www.ptalgerie.
com, la candidature de Louisa Hanoune
est annoncée, sans plus. Ni déclaration
de candidature, ni biographie, ni programme,
ni agenda, rien... Il n’y a même
pas trace de l’ex-candidature de Louisa
Hanoune à la présidentielle de 2004.
Moussa Touati a, lui, squatté le site de
son parti, le Front national algérien (FNA)
100 % en arabe pour étaler un programme
électoral en quatorze points. On apprend
que le candidat Touati va animer 37 meetings
et visiter 400 communes. Aucune
imagination dans le choix des couleurs :
vert, blanc et rouge.
Le site de Mohamed Saïd (www.mohamedsaid-
dz.com) paraît le mieux soigné
sur le plan design avec une dominance
de l’orange, couleur de la campagne. La
photo du candidat, visage au soleil, est
mise sur un fond composé du drapeau algérien.
On y trouve une revue de presse
actualisée, les interventions audio-visuelles
du candidat, la biographie,
le programme électoral
et une galerie photos.
Les rubriques « Ils nous ont
rejoints » et « Les coulisses
de la campagne » n’ont pas
encore été fournies en informations.
Le candidat lance
un appel mis en avant dans
le site : « J'invite les Algériennes
et les Algériens,
capables de le faire, à aider
mes comités de soutien de
wilaya en mettant à leur
disposition des locaux pour
l'ouverture de permanences
électorales, du matériel ou
des moyens de transport (...)
Je n'invite pas les citoyennes
et les citoyens à faire
des dons en espèce, l'argent
mal utilisé ayant souillé la
politique et dénaturé les objectifs
».

Le candidat Djahid
Younsi, le chef d’El Islah,
n’a pas encore de site propre.
Ses conseillers disent
qu’il est en construction. La
permanence électorale, installée
à Belcourt, est à peine
ouverte. Aussi, paraît-il évident que la
communication moderne n’est pas entrée
dans les moeurs des hommes politiques
algériens qui, faut-il le souligner, appartiennent
tous à une génération qui n’a
pas connu Internet et la blogosphère. En
dehors des rendez-vous électoraux, aucun
chef de parti, personnalité politique, ministre
ou parlementaire ne possède de
blog personnel assez visible où il exprime
ses opinions et ses idées. L’écrit sur papier
domine toujours dans les rapports
avec les médias.
Cela dit, des partis comme le FLN, le
MSP, le FFS, le RCD et RND ont fait
quelques efforts pour s’adapter aux nouvelles
technologies de l’information. Pas
plus.

Categorie(s): edito

Auteur(s): Fayçal Métaoui

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