Prise en charge des enfants handicapés : Le centre psychopédagogique de Bordj El Kiffan délaissé

Elwatan; le Mardi 17 Mars 2009
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Le centre psychopédagogique de Bordj El Kiffan continue de fonctionner grâce à la détermination de son personnel qui tente d’assurer sa pérennité, mais surtout de perfectionner la prise en charge des enfants IMC (infirmes moteurs d’origine cérébrale).
Ne bénéficiant d’aucune aide de la part de l’Etat, l’établissement accueille 43 élèves handicapés. «Faute de places vacantes, 130 enfants IMC sont malheureusement inscrits sur liste d’attente, les parents de ces enfants attendent toujours leur intégration au sein du centre. Mais sans moyens, nous ne pouvons les accueillir», dira Mme Chibani, directrice de la structure. Et d’ajouter : «Pour que le centre puisse faire face aux besoins de ses élèves scolarisés, il faut en principe lui consacrer un budget annuel de pas moins de quatre milliards de centimes, ce qui n’est pas le cas pour nous.» Notre interlocutrice — qui exerce en tant que bénévole — a indiqué que cette année le centre fonctionne uniquement grâce aux dons des particuliers et de ceux de quelques sociétés bienfaitrices. En plus de l’effectif qui s’occupe du volet administratif, la prise en charge de ces enfants handicapés exige un personnel pluridisciplinaire : médecins rééducateurs, pédiatres, kinésithérapeutes, psychomotriciens, etc.
Ce personnel existe, mais s’avère très insuffisant. Présentement, le centre met à la disposition de 10 enfants scolarisés une seule équipe chargée d’un aspect. La seule aide octroyée par les pouvoirs publics pour ce centre provient de la CNAS et elle est de l’ordre de 313 DA pour chaque enfant et par jour ouvrable. «L’estimation réelle est évaluée à 1460 DA par jour», assure la responsable du centre. Le peu de personnel du centre, pour la plupart, travaille à titre bénévole. Il est mis à contribution pour rechercher l’aide financière auprès de généreux donateurs et organismes bienfaiteurs. Le personnel et les parents d’élèves se sont organisés en une association, Centre d’aide aux infirmes moteurs (CAIM), qui a la tâche de gérer le centre administrativement et pédagogiquement.

Cette organisations est «un subterfuge» pour bénéficier de subvention auprès des instances publiques. Avec tous les efforts fournis, l’association n’a pas pour autant bénéficié cette année de subvention. Quant à l’aide prévue dans l’un des chapitres du budget municipal, qui est de l’ordre de 3%, la présidente de l’association CAIM assure qu’elle n’a jamais pu bénéficier de cette aide. L’établissement fonctionne grâce au dévouement des parents et du personnel. Lors d’une visite effectuée en 2007 au centre, le ministre de la Solidarité nationale avait fait aux parents d’élèves et des responsables du centre des promesses qui n’ont paradoxalement jamais été tenues. Le ministre a promis de «renforcer l’effectif par un personnel qualifié, de réaliser des travaux de réaménagement de la structure en adéquation avec le handicap des enfants et de doter le centre de moyens de transport».
Les parents d’élèves et les gestionnaires du centre avaient misé gros sur cette aide qui allait faire sortir le centre de l’oubli. Les promesses sont restées sans suite. Dans le but de réduire les charges et les dépenses du centre qui doit se consacrer prioritairement à la prise en charge pédagogique des enfants, ces responsables ainsi que les parents espèrent que les instances publiques procéderont au détachement d’un personnel spécialisé d’autres structures étatiques, ce qui réduirait ne serait-ce que la masse salariale qui est actuellement de l’ordre de 700 000 DA. «Ces enfants ont droit à une prise en charge complète par l’Etat et non par des parents salariés pour une telle structure. Les pouvoirs publics sont interpellés pour intervenir et mettre fin à la souffrance des enfants et de leurs parents», affirme une éducatrice.

Categorie(s): alger

Auteur(s): Saci Kheireddine

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