Rabah Zerarda. Poète populaire de Biskra : Le bédouin devenu un magicien du verbe

Elwatan; le Samedi 31 Octobre 2015
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Des conditions de vie très dures, vécues durant la guerre de libération nationale. La maison des Zerarda servait de refuge aux moudjahidine. C’est là où le jeune Rabah, qui rencontrait ces derniers, commençait à apprendre les chants patriotiques. L’enfant rejoint l’école coranique à l’âge de six. Mais son rêve de poursuivre ses études s’effondra. L’école sera incendiée par l’armée française lors d’une opération menée par représailles contre des attaques des rebelles algériens.

Rabah ne reprendra plus le chemin de l’école. «Après l’indépendance, je n’ai pas eu la chance de poursuivre des études. J’étais contraint de travailler pour aider mon père, car j’étais son fils unique, et il n’avait personne d’autre pour l’épauler, surtout que nous étions une famille très pauvre», se rappelle Rabah. Cela n’empêchera pas ce jeune plein d’ambition d’écouter les chansons d’El Bar Amor et Khelifi Ahmed. Il apprendra les poèmes d’Abdellah Benkerriou, Belkacem Benharzallah, Cheikh Smati et autres.

Ceci le poussera des années plus tard à côtoyer des poètes chevronnés de la poésie populaire du Malhoune à l’instar de Said Bouachrine, Salah Badri et Abdelkader Bennoui, lui qui n’a jamais fréquenté l’école. «C’est quand j’ai crée une troupe de la chanson bédouie que j’ai pu encore développer mes capacités comme poète et chanteur», dira-t-il. Après des années de dur labeur, Rabah Zerarda réalisera un rêve très cher, celui de publier ses poèmes populaires.

Un fait devenu réel grâce à la précieuse aide d’Abdelkrim Guedifa, un homme qui apprécie énormément la poésie populaire. Ainsi, son premier recueil «Alouane oua founoune mina echiir el malhoune» verra le jour vers la fin de l’année 2013 aux éditions Dar Al Wassit. Préfacé par Abdelkrim Guedifa, l’ouvrage compte une cinquantaine de poèmes répartis sur quatre chapitres traitant des sujets de société, de la patrie, de l’amour et des faits d’actualité.

Des poèmes populaires au verbe magique, d’une grande richesse vocabulaire, portant aussi des valeurs morales et surtout une sagesse très instructive. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Rabah Zerarda, qui active aussi au sein d’une association de sauvegarde du patrimoine, qu’il a créée à Chaïba, est nourri d’une grande ambition pour faire encore mieux. «J’ai déjà des projets pour publier cinq autres recueils, pourvu que je trouverai l’aide nécessaire», annonce-t-il.

Categorie(s): culture

Auteur(s): Arslan Selmane

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