Rachid Mechab. Directeur général d’Extranet à propos de l’hygiène dans les cités : Il faut réconcilier le citoyen et l’agent d'entretien»

Elwatan; le Jeudi 22 Octobre 2015
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Avez-vous trouvé des difficultés à gérer les comportements de certains citoyens vis-à-vis du maintien d’hygiène dans les quartiers ?  

La propreté appelle la propreté.C’est vrai qu’il y a un engouement des gens qui veulent travailler. Mais il y a pas mal de citoyens qui adhèrent pleinement à la démarche de la propreté. Le fait que les choses soient bien faites, les gens contribuent. Il reste tout de même quelques citoyens, je ne sais pour quelles raisons, qui sortent leurs ordures après les heures de passage de nos agents. Il  y a aussi ceux qui consomment et qui jettent par terre.

Lorsque nous travaillons, nous tenons compte de certains paramètres, à savoir le plan de circulation, les centres d’enfouissement, les déplacements ; dans certains secteurs, nous faisons la collecte très tôt le matin, une autre durant la journée pour le réglage et les collectes tardives. Il y a aussi un ramassage nocturne. Nous voulons habituer les gens à des horaires fixes.

Pour le moment, il n’y a aucune loi qui les oblige...

Ce ne sont pas des lois. C’est un plan de collecte. C’est une communication technique. Nous communiquons aux citoyens les heures de passage. Ce choix, il faut l’étudier.

On n’instruit pas le citoyen, on l’invite à adhérer à une démarche. Dans cette démarche, il faut diagnostiquer pour voir les points forts et les points faibles d’un territoire pour pouvoir fixer un horaire de sorte que le citoyen ne soit pas gêné. D’abord, il faut entreposer des bacs pour créer un espace de stockage. Le rôle de nos ingénieurs est de faire des audits et des diagnostics de l’aspect comportemental.

L’aspect technique est d’arriver à diagnostiquer l’aspect comportemental et de voir quelle est la communication à adopter avec les gens. On leur donne le temps de poser leurs déchets jusqu’à 23h.

On passe à 2h pour les ramasser sans faire de bruit. Les quartiers où c’est nécessaire, on passe le matin, car les gens travaillent et jettent leurs déchets généralement dans la matinée, nous passons à ce moment-là pour les récupérer en fonction des horaires de ces habitants.

Il faut qu’on aide ces gens-là. L’horaire n’est pas une loi, mais une règle conviviale. Il faut réconcilier le citoyen et l’agent d’entretien. Le rôle de l’ingénieur est de diagnostiquer ce comportement.

La communication technique est d’informer les gens des horaires, le mode de collecte… Nous avons mis un numéro pour les citoyens pour les réclamations. Mais les personnes qui ont des propositions peuvent nous les soumettre. Ils peuvent proposer les horaires de collecte. On leur demande juste qu’ils ne déposent pas leurs déchets après le passage de nos agents.

Sont-ils nombreux ceux qui ne respectent pas les horaires ?

Oui,  malheureusement. C’est pour cela que la communication est importante. Après la communication technique, il y a la communication comportementale. Je n’ai pas besoin d’aller chercher les solutions en Allemagne.

Elles sont ici, sur le plan individuel. Nous avons des habitants propres. Notre problème est enregistré dans un contexte collégial. Les grands ensembles posent problème. Quand on loge dans des habitations individuelles, la responsabilité incombe aux résidents.

Ces quartiers sont mieux maîtrisés, avec une meilleure communication et sont mieux organisés. Lorsqu’on est sur les grands ensembles, il est nécessaire que les organismes gestionnaires agissent de façon à gérer l’hygiène dans l’enceinte. L’aspect est collectif pour à la fois la gestion de l’hygiène, des parkings et des espaces verts.

On est en train de travailler beaucoup dans le collégial. On s’appuie sur les volontaires et le mouvement associatif.

Quelles sont les difficultés rencontrées dans ces grands ensembles ?

L’absence de structures qui prennent en charge la gestion des cités, à l’instar de l’AADL et de  l’OPGI. On assure la prestation, mais les services gestionnaires doivent aussi s’impliquer. Il faut redynamiser ces services au niveau des grands ensembles. A titre d’exemple, à la cité LSP d’Ouled Fayet, il y a une résidente retraitée qui est toujours en contact avec nous.

Elle nous signale les points forts et les points faibles. Cette fois-ci, elle a attiré mon attention sur le manque de bacs dans la cité. Normalement, c’est le gestionnaire de cette cité qui doit faire ce travail. Au niveau des espaces agricoles, les gens sont organisés parce qu’ils se connaissent et ont un chef.

Mais sinon, nous avons  bien assuré le service, d’autant plus que nous avons l’avantage de la proximité, nos agent nous informent. Ils ont ce sentiment d’appartenir à un service, donc ils essaient de nous informer. Nos agents agissent même en dehors des heures de travail. 
 

Categorie(s): magazine

Auteur(s): Rahmani Djedjiga

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