Réalisation de l’usine Renault à Oran : la société mixte sera créée la semaine prochaine

Elwatan; le Mercredi 2 Janvier 2013
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La société mixte chargée de la réalisation d’une usine Renault en Algérie devrait probablement être créée la semaine prochaine. La société sera détenue à hauteur de 34% par la Société nationale des véhicules industriels, à 17% par le Fonds national de l’investissement et à 49% par le constructeur automobile français, Renault. Elle produira, dès décembre 2014, 25 000 véhicules par an, avant d’augmenter progressivement le rythme à 75 000, et enfin à 150 000 véhicules au bout de dix années. Une unité qui prévoit aussi un investissement initial de 50 millions d’euros et qui devrait atteindre les 170 millions d’euros en une décade.

Le contrat signé par les pouvoirs publics algériens se caractérise par un avantage certain accordé au constructeur français. C’est un contrat d’exclusivité de 3 années pour Renault sur le marché algérien. Un avantage excessif, disent certains, mais qui est motivé, pour d’autres, par l’objectif du gouvernement de s’assurer un partenariat permettant le développement réel de la sous-traitance. Pour le consultant en économie industrielle, Réda Amrani, la construction automobile actuelle ne s’appuie plus sur de la simple sous-traitance. Il s’agit en réalité de développer de véritables partenariats entre le constructeur automobile et ses fournisseurs.

Les autorités devront, en ce sens, aider les PME locales à s’associer avec les grands équipementiers spécialisés dans la fabrication de produits de première monte. Il est utile de rappeler que sur les 150 hectares dédiés au projet dans la zone de Oued Tlelat (wilaya d’Oran), 20 hectares devront recevoir une trentaine de PME, selon les propos du premier responsable de la SGP équipage qui s’exprimait il y a quelques jours sur le sujet. Celui-ci a précisé  que les entreprises nationales fabriqueront des éléments comme les vitres ou les équipements en caoutchouc. Chose qui pousse le consultant en économie industrielle à insister sur les produits de première monte, dont la fabrication implique une industrialisation développée de la filière.

Réda Amrani pense, à ce propos, que c’est à ceux qui ont signé avec Renault de continuer le travail et d’encourager des partenariats avantageux pour les sous-traitants nationaux avec les grands équipementiers. D’autant plus, dit-il, que le potentiel existe. Il rappelle à ce titre qu’«il y a déjà d’excellents industriels algériens qui travaillent depuis de nombreuses années avec la SNVI et l’ENMTP d’Aïn Smara et qui ont déjà accumulé un capital expérience appréciable».

Pour le consultant, c’est sur cette question que les pouvoirs publics devront se pencher et se concentrer. Et d’ajouter qu’ils devront négocier ce genre d’association avec Renault dans l’objectif de créer des partenariats entre les industriels algériens et les partenaires habituels du constructeur français. Pour M. Amrani, «c’est l’enjeu majeur pour la future unité. Celle-ci démarrera à un faible niveau de production avec 25 000 véhicules, même si une chaîne économiquement viable ne peut atteindre un seuil de rentabilité qu’à partir d’un niveau de production de 120 000 véhicules, autour de laquelle devront graviter des fournisseurs de produits et biens intermédiaires.» «La gestion de la future unité sera en ce sens primordiale, dans la mesure où il faudra jouer sur les coûts et gérer les aléas du climat des affaires», ajoute-il.

Le consultant qui s’est également exprimé sur le choix du site de Oued Tlelat pour l’implantation de l’usine Renault répond à «des considérations économiques d’aménagement du territoire, répondant à la nécessité d’industrialiser et de revivifier la région ouest du pays.» Il considère aussi qu’il appartient aujourd’hui au gouvernement de faciliter l’investissement privé dans l’industrie automobile. Citant les projets de Volkswagen et de Cevital avec Hyundai, M. Amrani a estimé que les conditions d’exclusivité sur le marché accordées à Renault devraient inciter les investisseurs potentiels à aller vers la construction automobile. Des velléités qu’il faut selon lui encourager !

 

Categorie(s): economie

Auteur(s): Roumadi Melissa

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