Robert Hylton, chorégraphe et danseur britannique : "Le hip-hop est un langage universel"

Elwatan; le Vendredi 20 Mars 2009
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- Quel est le principe de base de l’urban
classicism. S’agit-il d’une world dance ?

- Il s’agit d’un mélange de danse contemporaine
et de danse de rue, du popping et du
hip-hop. Le popping est une danse qui associe
le hip-hop et qui se base sur le principe
de la contraction rythmée des muscles. Cela
donne un corps animé. Sur scène, nous avons
la possibilité de faire d’autres mouvements et
d’introduire d’autres styles. Il y a une certaine
architecture chorégraphique. Le hip-hop,
qui existe depuis au moins 30 ans, continue
d’évoluer. Bien que son évolution se fait sur
scène, la rue demeure son origine. C’est un
passage de tout ce qui est folklorique et traditionnel
de la danse à une autre forme d’expression.
Cette danse est née dans la rue mais
elle porte un message pour le partage. Le hiphop
est un langage universel. Même si on ne
parle pas la même langue, on peut à travers
cet art transmettre nos idées. Nous communiquons
par le mouvement et par la musique.

- Peut-on parler d’une danse rebelle, anticonformiste
?

- Il ne s’agit plus d’une forme nouvelle puisque
le hip-hop a commencé dans les années 1980.
Ses règles sont aujourd’hui bien définies et il
devient de plus en plus connu. Nous participons
à renforcer cette culture et à l’enrichir à
travers le contact avec d’autres genres.

- Peut-on danser l’urban classicism dans
les clubs ?

- Oui et non. Pour le faire, il faut être bien entraîné,
notamment au break-dance, au popping,
à l’harmonie avec les rythmes. Le hiphop
n’est plus une danse destinée aux jeunes.
Elle s’adresse à tous les âges. Les jeunes
doivent apprendre correctement le hip-hop
et le pratiquer d’une manière professionnelle.
Cela ne doit pas être considéré comme un
simple passe-temps.

- Dans vos spectacles, il y a un recours aux
arts visuels. Ce choix souligne-t-il la nécessité
d’intensifier l’expression chorégraphique ?

- C’est une liberté de choix. Avec les films,
nous avons plus de contrôle sur le résultat de
ce que nous voulons dire. Billy Biznizz (DJ
et compositeur de musique, ndlr) et moi travaillons
sur l’idée du spectacle ; nous y mettons
les musiques qui conviennent le mieux
aux mouvements chorégraphiques. Les
courts métrages et les danses font que la forme
d’expression est différente. Nous voulons
toucher plus de personnes avec des moyens
différents. Avec les caméras, il est possible de
capter des moments et de les immortaliser.

- La ville, les terrasses des bâtiments, les
ponts constituent souvent des décors pour
vos spectacles...

- C’est pour souligner le caractère urbain de
notre art. Et parce que je vis à Londres, c’est
là où je m’inspire et où je développe ma musique
et mes danses. La scène est pour moi un
espace trop limité.

Categorie(s): art et vivre

Auteur(s): Fayçal Métaoui

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