Route de Rouiba-Aïn Taya : Le grand bazar

Elwatan; le Lundi 24 Mai 2010
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L’informel se développe partout au niveau de ces deux communes.
Les APC déclarent leur impuissance devant cet état de fait.
Tout se vend au niveau de la route menant de Rouiba à Aïn Taya, loin de tout contrôle des services publics censés veiller sur la sécurité et la santé des citoyens. Des camions et autres engins de travaux publics sont étalés à plusieurs niveaux de ce chemin de wilaya. Seule la pancarte indiquant «A vendre» différencie les engins mis en vente de ceux servant aux travaux en place.Sur les deux bords de cette route, les vendeurs illicites investissent l’espace qui devrait servir de trottoir. Si certains essayent de vendre les récoltes saisonnières d’oignon, de fruits ou de pomme de terre, d’autres écoulent des fruits importés, tels que les bananes et les kiwis.

«Pourquoi les autorités n’obligent-elles pas ces marchands à vendre dans les espaces réservés à cette activité, alors que de l’argent public est dépensé régulièrement pour la réalisation et l’entretien des marchés de proximité ?», s’interroge un automobiliste excédé par les embouteillages causés par les nombreuses camionnettes stationnées le long de cette route.

Mais ce sont les rôtisseries anarchiques qui attirent l’attention : des files de voitures garées n’importe comment créent un embouteillage monstre sur des centaines de mètres pour que des clients aient droit à une place. Un restaurant de grillade est improvisé dans un espace public où étaient déjà mis en place des bancs en bois. Des jeunes, avec pour tout investissement quelques tables de fortune et des morceaux de viande, sans respect des conditions de conservation, s’affairent à leur besogne. Des grillades à volonté et, on se bouscule au portillon.

Ce lieu est dépourvu de toute commodité : pas de sanitaires, ni même l’eau courante, et l’on s’interroge si les consommateurs ne s’inquiètent pas pour la qualité de ce qu’ils ingurgitent. «Ce n’est pas trop loin de chez nous, et puis, c’est sympathique comme endroit», témoigne un client, en faisant remarquer qu’il n’existe aucun restaurant «réglo» le long de la route. Cet espace se trouve à une petite distance d’un barrage de police, mais bon, à chacun sa vocation. On en compte jusqu’à trois de ce type de «restaurants» le long de cette route entre les deux communes. Au niveau de la cité Les Pins de la commune de Aïn Taya, des enfants vendent de la galette. Depuis la fin des examens, ces potaches écoulent ce pain fait maison, histoire de ramasser quelques dinars sous un soleil de plomb.

L’informel n’a pas que le côté négatif : les usagers de cette route auront certainement le plaisir de découvrir plusieurs sortes d’oiseaux et d’animaux domestiques exposés pour la vente. Des couples d’oies, des lapins, des canards, des poules sont enfermées dans des cages. Un couple de paons coûte 34 000 DA.

L’APC de Rouiba reconnaît son impuissance

L’APC de Rouiba a diffusé plusieurs arrêtés pour l’interdiction des activités commerciales en dehors du circuit officiel. «Nous avons dû recourir plusieurs fois à la force publique pour faire décamper le gérant d’une rôtisserie anarchique, mais dès le départ de la police, il a repris son activité. J’avoue que nous n’y pouvons rien», souligne M. Lakrouz, P/APC de Rouiba, qui explique que c’est aux services de police d’intervenir pour empêcher ce genre d’activités.

Categorie(s): alger

Auteur(s): Fatima Arab

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