Sahara-Occidental : Nouveau face-à-face

Elwatan; le Dimanche 6 Janvier 2008
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Marocains et dirigeants sahraouis tiendront demain dans la banlieue de New York aux Etats-Unis, leur troisième rencontre, répondant comme pour les deux précédentes, à un appel du Secrétaire général des Nations unies pour des «négociations sans condition préalable en vue d’une solution dans le cadre de l’autodétermination du peuple du Sahara-Occidental».
Un intitulé bien précis et un agenda tout aussi clair, sauf que l’échec a marqué les deux premiers rounds. La raison en est simple : le Maroc qui occupe le Sahara-Occidental ne cherche rien d’autre qu’à faire entériner le fait accompli colonial. Mais cette fois le Front Polisario, l’autre partie au conflit, a fait savoir qu’il y a une limite à tout et que le statu quo devient ingérable. Telle est la conclusion de son 12e congrès tenu le mois dernier. Plus clairement, le Front Polisario a fait savoir que le cessez-le-feu qu’il observe depuis septembre 1991 n’est pas une fin en soi, et qu’il constitue une étape du processus de paix accepté en commun avec le Maroc, dans le cadre du plan de paix de l’ONU. La porte-parole de l'ONU, Michèle Montas, a confirmé vendredi qu'une troisième série de négociations se tiendrait à huis clos à Manhasset, dans la banlieue de New York, de lundi à mercredi. Deux premières sessions de négociations s'étaient tenues en juin et en août, également à Manhasset, sans pour autant permettre une avancée vers une solution de compromis. Comme lors de ces deux sessions, Peter Van Walsum, l'envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Sahara-Occidental, jouera le rôle de médiateur dans les discussions, mais jusque-là, le Maroc campe sur sa proposition d'une autonomie sous souveraineté marocaine. «Nous espérons que cette fois le Maroc va coopérer à la pleine mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité sur le Sahara-Occidental» et «s'engagera dans des négociations substantielles», a déclaré vendredi le représentant du Front Polisario à l'ONU, Ahmed Boukhari. Il a affirmé que le Maroc devait accepter de discuter non seulement de sa proposition d’autonomie pour le territoire, mais aussi de celle du Front Polisario d'un référendum dont les options proposées incluraient l'indépendance.«Notre peuple a été frustré dans son aspiration à l'indépendance», a-t-il déclaré. «Nous croyons la paix possible (...) mais un nouvel échec du processus (de négociations) aurait des conséquences négatives pour toute la région», a-t-il ajouté. «Cela pourrait nous pousser sur la voie d'une reprise des hostilités et le Maroc en porterait la responsabilité», a averti M. Boukhari. En octobre, le Conseil de sécurité avait appelé les deux parties à reprendre leurs discussions «sans conditions». Il avait adopté à l'unanimité une résolution demandant aux parties d'«engager des négociations substantielles (...) sans conditions et de bonne foi (...) dans le but de trouver une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable» qui prendrait en considération le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Categorie(s): international

Auteur(s): T. Hocine

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