Saïd Djinnit. Commissaire à la paix et à la sécurité de l'UA

Elwatan; le Dimanche 6 Janvier 2008
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Pour Saïd Djinnit, le plan d'action africain de lutte contre le terrorisme devra être axé sur le renforcement de la coopération sécuritaire régionale et continentale.
La misère et le désarroi des populations africaines est l'un des facteurs favorisant la menace terroriste dans la région du Sahel. C'est ce qu'a expliqué le commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union africaine (UA), Saïd Djinnit, en marge d'un atelier sur l'architecture de paix en Afrique, organisé hier à Alger. Affirmant que la menace terroriste dans cette région «existe mais est exagérée», Saïd Djinnit précise que celle-ci profite également de l'absence d'institutions, de moyens et de la porosité des frontières. «Il y a certainement une menace et il faut la contenir, mais je pense que cette menace n'est pas aussi grande que certains veulent le faire penser», déclare-t-il. Cette menace, ajoute-t-il, bénéficie aussi des trafics en tous genres. Pour Saïd Djinnit, le plan d'action africain de lutte contre le terrorisme devra être axé sur le renforcement de la coopération sécuritaire régionale et continentale, pour limiter les possibilités d'action des réseaux terroristes activant dans la région. Dans ce sens, il appelle à privilégier la réponse socioéconomique à ce phénomène. «Le désarroi des populations africaines les rend vulnérables et sensibles à des idéologies extrêmes», dit-il. «Il faut investir en même temps dans le développement du continent et dans la construction d'institutions de défense et de sécurité au sein des Etats africains», enchaîne-t-il, en soulignant la volonté de l'Afrique de trouver des solutions africaines à ses problèmes sécuritaires. «Nous souhaitons, en tant qu'Africains, que dans la mesure du possible, il n'y ait pas de déploiement de forces étrangères sur le continent, parce que nous sommes engagés dans la recherche de solutions africaines à des problèmes africains et à la mise en place de la force africaine en attente», explique-t-il.
Selon lui, la réunion d'Alger, qui doit durer deux jours, a pour objectif d'annoncer une «nouvelle ère de coopération interafricaine». «Jusqu'à présent, nous n'avons pas toujours travaillé de façon organisée et systématique», note-t-il, en précisant que cette rencontre donnera la possibilité de prendre acte des progrès réalisés en matière de paix et de sécurité, et déterminer les meilleures façons de renforcer la coopération entre l'UA et les différents regroupements africains régionaux. «Nous voulons aussi faire de cette réunion une occasion pour discuter ici à Alger, avec tout ce que représente l'Algérie comme inspiration, de certaines questions clés, qui tiennent aux problèmes de paix et de sécurité sur le continent», résume-t-il. S'exprimant par la même occasion, Abdelkader Messahel, ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, souligne que l'un des défis du continent noir actuellement est la lutte contre le terrorisme. «La nature des menaces et des risques qui continuent de peser sur le continent est là pour nous rappeler que ces défis ne sont pas complètement relevés», lance-t-il. Il s'agit, entre autres, explique-t-il, «du défi du terrorisme contre lequel l'Afrique s'est résolument engagée, comme le prouvent les instruments juridiques adoptés pour la lutte contre ce fléau, dont la convention de l'OUA signée ici à Alger en juillet 1999 et les moyens mis en œuvre dans ce combat».

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Madjid Makedhi

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