Selon un rappoert de la CIMADE (portes de l’Europe) : 13 444 migrants morts de 1988 à février 2009

Elwatan; le Lundi 16 Mars 2009
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Avec l'annonce de l'intégration de notre pays au réseau régional de la Cimade, une ONG internationale de défense des droits des migrants de par le monde, les réactions d'autres ONG mondiales œuvrant pour la même cause n'ont pas tardé à venir.
En effet, l'Association des femmes algériennes pour le développement (AFAD), membre du comité de pilotage du projet régional de trois ans (2009/2012) initié par la Cimade et inhérent à la défense des droits des migrants, a été destinataire vendredi d'un rapport chronologique (de juin 2003 à février 2009) sur la situation des migrants morts ou disparus aux portes de l'Europe.
Les chiffres avancés sont effarants. Leur lecture approfondie livre des constats amers sur les drames vécus par ces migrants et tout particulièrement ceux qui se sont déroulés non loin des côtes tunisiennes. Selon Mme Haddad, présidente de l'AFAD, également active aux côtés du Haut-Commissariat des réfugiés (HCR), «les morts et les disparus se comptent malheureusement par milliers, sans oublier les nombreuses arrestations, sur le sol tunisien, de Maghrébins et de Subsahariens».

En effet, de 1988 à février 2009, pas moins de 13 444 migrants sont morts aux frontières de l'Europe, dont 5182 ont disparu en mer. En mer Méditerranée et dans l'océan Atlantique ont perdu la vie 9500 migrants. Dans le canal de Sicile, 3163 personnes sont mortes, entre la Libye, l'Egypte, la Tunisie, Malte et l'Italie, dont 2085 disparus et 125 autres ont perdu la vie le long des nouvelles routes entre l'Algérie et l'île de Sardaigne. 4399 personnes ont également péri au large des îles Canaries et du détroit de Gibraltar entre le Maroc, l'Algérie et l'Espagne, dont 2232 disparus. Le même rapport fait ressortir, en outre, la mort par noyade en mer Egée, entre la Turquie et la Grèce, de 1072 personnes dont 592 disparus. 603 autres sont morts en mer Adriatique entre l'Albanie, le Monténégro et l'Italie, dont 220 disparus auxquels s'ajoutent les 624 noyés au large de l'océan Indien dans leur tentative de rejoindre l'île française de Mayotte. Par ailleurs, ajoute notre source, au moins 152 cadavres de migrants asphyxiés ont été découverts dans les soutes de navires, tentant de rejoindre les côtes européennes. Pour la présidente d'AFAD, toutes ces données serviront de base de travail dans les actions à engager et les recommandations à faire par les six pays concernés par le projet régional, en l'occurrence le Sénégal, la Mauritanie, le Niger, le Mali, l'Algérie et le Maroc.

C'est justement ce dernier pays qui est particulièrement mis en cause par la Cimade dans sa politique migratoire, note notre interlocutrice. «Un rapport exhaustif sur les flagrantes atteintes aux droits des migrants, notamment subsahariens (détentions arbitraires, torture, racisme, discriminations, refoulements abusifs...), très attendu par toutes les ONG de défense de la question migratoire, sera dévoilé les 20 et 21 mars, à Rabat, par l'association de droit marocain Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (Gadem)», a-t-elle indiqué.
D'ailleurs, lors de la rencontre de Dakar, en février dernier, ajoute Mme Haddad, les représentants de Gadem l'ont clairement laissé entendre en soulignant que «les autorités marocaines utilisent la question migratoire de manière à amener l'UE à faire davantage de concessions au niveau de l'aide au développement. Et les responsables européens y trouvent leur compte car leur stratégie est justement basée sur le chantage au développement en matière de politiques d'asile et d'immigration. On se retrouve dans une configuration où les étrangers en général et les migrants d'origine subsaharienne en particulier deviennent l'enjeu de politiques qui les dépassent et sont instrumentalisés de part et d'autre».

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Naima Benouaret

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