Ses responsables remettent une plateforme politique à Blaise Compaoré : Ançar Eddine rentré dans les rangs ?

Elwatan; le Jeudi 3 Janvier 2013
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Devant la multiplication des pressions de la communauté internationale, le groupe islamiste armé Ançar Eddine paraît, en tout cas, avoir décidé de mettre fin à son double jeu et de s’engager dans des négociations politiques sur l’avenir de l’Azawad. Une source proche de la présidence burkinabé a ainsi révélé que l’organisation dirigée par Iyad Ag Ghali a remis mardi soir une «plateforme politique» au président burkinabé Blaise. «Une délégation d’Ançar Eddine est venue aujourd’hui (mardi) remettre une plateforme politique au médiateur», a indiqué à la presse la même source. Le contenu de ce document d’une trentaine de pages n’a pas été révélé, cela pas plus d’ailleurs que la composition de la délégation qui a quitté le jour même Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Les acteurs impliqués dans le dossier malien gèrent actuellement une double dynamique : d’abord, il s’agit pour eux de rapprocher les plateformes de toutes les parties prenantes maliennes du Nord (Ançar Eddine, MNLA ainsi que les représentants de la communauté arabe de l’Azawad) pour que les négociations portent sur des revendications unifiées. Parallèlement à ce travail, il est question pour eux de maintenir le contact avec les représentants du gouvernement malien dans la perspective du lancement des négociations formelles avec les groupes rebelles du Nord. A ce propos, nos sources avancent que d’importantes visites sont également programmées pour les prochains jours à Alger.

D’importantes rencontres à Alger

Le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU avait, rappelle-t-on, adopté une résolution approuvant le déploiement d’une force armée internationale au Mali. Aucun calendrier précis n’a toutefois été décidé pour ce déploiement, programmé par étapes selon les Nations unies qui ont aussi appelé au dialogue avec les groupes armés rejetant le terrorisme et la partition du pays. Eu égard à l’état de délabrement avancé dans lequel se trouve l’armée malienne et à la situation sécuritaire précaire qui prévaut à Bamako même, de nombreux experts estiment qu’une intervention dans le nord du Mali ne pourrait pas avoir lieu avant le mois d’octobre prochain.

Bien qu’au fait de cette réalité, le nouveau chef du gouvernement malien, Diango Cissoko, a tout de même tenu à plaider, jeudi 27 décembre à Abidjan, pour qu’une opération militaire africaine soit engagée «le plus rapidement possible» contre les groupes terroristes. «On peut faire confiance à cette intervention», a-t-il déclaré à la presse au terme d’un entretien avec le président ivoirien Alassane Ouattara, également à la tête de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Cette opération «aura lieu dès que les conditions seront réunies et nous ferons en sorte que ces conditions soient réunies le plus rapidement possible», a-t-il précisé.

Le Premier ministre malien s’est dit porteur d’un «message» de son président Dioncounda Traoré à Alassane Ouattara, demandant le «soutien» de la Cédéao pour aider le Mali à sortir de la tourmente actuelle. Il a aussi assuré que des élections «crédibles» et «propres» se tiendront dès que les conditions «seront réunies», dans le but de normaliser la situation institutionnelle du pays après le coup d’Etat qui s’est déroulé le 22 mars dernier à Bamako. Justement, beaucoup de capitales africaines pensent que rien ne devrait être entrepris avant le retour à l’ordre constitutionnel à Bamako.

Categorie(s): international

Auteur(s): Zine Cherfaoui

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