Shanghai prépare l’exposition universelle 2010 : Le nouvel eldorado de la Chine

Elwatan; le Mercredi 9 Janvier 2008
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La ville dont les gratte-ciel s’inspirent largement de ceux de Manhattan affiche ses ambitions. Selon les statistiques officielles, elle possède plus de 4000 buildings, presque le double de la ville de New York ! La perle de l'Orient prépare fébrilement l'exposition universelle 2010.
Un événement international et de large portée médiatique où la Chine s’affichera comme une «puissance en développement». L’enjeu est de taille : c'est la première fois que cette exposition sera tenue dans un pays en voie de développement et officiellement 70 millions de visiteurs sont attendus. Un ballet de grues, de tunneliers et de bétonneuses s’est mis en branle pour achever les chantiers lancés. Le thème pour l'Expo 2010 est «Meilleure ville, meilleure vie». Il a été adopté pour la première fois dans l'histoire de l'expo mondiale, mais il donne déjà l'impression des caractéristiques de Shanghai elle-même. L’Algérie fait partie de la liste des pays participant à cet événement planétaire. Une occasion pour mettre en valeur et faire mieux connaître les opportunités offertes par notre pays en matière de commerce et d'investissements. Shanghai voit grand aussi sur le plan touristique. Il faut savoir que la Chine est la quatrième destination la plus appréciée des touristes mondiaux, loin derrière la France, l’Espagne et les USA, selon l’Organisation mondiale du tourisme. Selon les prévisions de l’OMT, l'empire du Milieu sera en 2020 la première destination touristique mondiale. La Chine est devenue ainsi un des plus importants pays d’accueil des circuits touristiques et des événements importants. Le Challenge Bibendum de Michelin a planté ses circuits en 2004 et 2007 dans cette ville magique et ensorceleuse. Il y a à peine 15 ans, personne n’aurait pu imaginer que Pudong, un quartier situé à l’est du fleuve Huangpu, deviendrait le centre financier et commercial le plus vibrant de la Chine. En seulement quelques années et devant les yeux étonnés des Shanghaiens eux-mêmes, les marais insalubres et les usines gouvernementales délabrées ont été remplacés par une forêt de gratte-ciel à couper le souffle, dont la tour Jin Mao, le troisième plus grand immeuble de Chine, en est l’exemple, et la tour Oriental Pearl le plus emblématique. Depuis plus de 15 ans, la ville connaît une croissance à deux chiffres de son PNB. En 2005, il a atteint 914,395 milliards de yuans, 75,3% de plus qu’en 2000 en termes réels, ce qui représente une augmentation annuelle d’environ 11,9%. «Les objectifs de Shanghai sont le maintien du développement économique et social sur un rythme rapide et durable, la réussite de l’exposition universelle de 2010, et l’établissement d’un cadre réglementaire et d’infrastructures pour que cette ville unique devienne véritablement un centre international de finance, de commerce et de transport», souligne une brochure.
Les néons et les pubs
de Nanjing Road
Avec ses cinq kilomètres, Nanjing Road est la plus longue artère commerçante du pays. Comparée volontairement aux Champs-Elysées, elle aligne de grands magasins à rayons, et le soir venu, toutes les affiches brillent de mille feux. Les néons et les pubs sont partout quand on lève les yeux. Des groupes de jeunes nous accostent. Ils proposent des fausses montres Rolex, des faux sacs et stylos ainsi que d’autres gadgets lumineux à des prix défiant toute concurrence. La pratique semble très répandue, y compris dans les boutiques où on a trouvé de faux iPod. La vendeuse maîtrise parfaitement l’art de la persuasion et de la séduction. «Il y a plusieurs couleurs et comme vous pouvez le voir, la ressemblance avec un vrai est particulièrement élevée», insiste-t-elle. Contrairement aux produits de marque, le prix est négociable. Les copies ne sont généralement pas parfaites mais les produits contrefaits arborent le même design. Les sollicitations des jeunes vendeurs à la sauvette, un spectacle fréquent de rue, ne s’arrêteront pas. En fait, derrière ce petit business se cache un autre commerce beaucoup plus juteux. Il s’agit de tenter d’entraîner les touristes dans un salon de massage ou bien de les inviter à aller boire un verre dans un bar bien précis qu’ils indiquent du doigt et qui laisse présager une addition des plus salées. Des jeunes femmes envoient des œillades, des clins d'œil et des sourires. Elles semblent dire : «Alors ça ne vous tente pas ?» On croise des migrants qui sont venus tenter fortune avant de voir leurs illusions se fracasser sur l'acier des gratte-ciel. Ballotté par le mouvement incessant, le visiteur devient le jouet permanent du ressac urbain. Au quartier du Pudong, gratte-ciel et tours effilées s’élancent à l’assaut des nuages. Il fait la fierté des Shanghaiens qui se considèrent comme la «tête» du dragon chinois. Pudong possède des bâtiments exceptionnels comme la tour de TV de 468 m (Oriental Pearl TV Tower), la Jinmao Tower (420 m, 88 étages), le musée des sciences et technologies, le Shanghai International Convention Center ou l'Oriental Art Center : un auditorium et centre culturel conçus par l'architecte français Paul Andreu. Le visiteur est écartelé entre un tourbillon de sensations inconnues et l’euphorie enivrante d'un monde à découvrir. Il ne jure que par le nombre, le gigantisme, la multitude et la démesure... «La vieille ville chinoise disparaît peu à peu, avalée par l'avancée inexorable des tours de béton. C'est peut-être ça aussi la rançon du progrès», se désole notre interprète. Shanghai est desservie par deux aéroports internationaux, Shanghai Pudong International Airport (PVG) et Shanghai Hongqiao Airport (SHA). 41 millions de passagers ont transité par ces aéroports en 2005. La progression du trafic a été particulièrement rapide ces dernières années, surtout depuis l’ouverture de la Chine au tourisme et au commerce mondial. L’adhésion de ce pays à l’OMC en 2002 a renforcé cette tendance avec une très forte croissance économique.
Tourbillon de sensations
et euphorie enivrante
La concurrence entre les taxis de Shanghai est féroce et a comme corollaire des prix très compétitifs. Près de 43 000 taxis circulent à Shanghai. De nombreux habitants prennent le taxi pour de courtes distances, même lorsqu'ils possèdent une voiture. Très peu de conducteurs de taxi parlent anglais. Aussi il est préférable de posséder une carte avec le nom de votre hôtel. Les grandes chaînes hôtelières sont présentes à Shanghai (Sofitel, Hilton, Sheraton). Nous séjournons au Millenium Hongqiao Hotel, un nouvel établissement de référence récemment ouvert à Shanghai (en octobre 2006, selon le personnel de l'hôtel) et qui fait partie de la chaîne Millenium Hotels & Resort Group qui exploite des hôtels en Asie, en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord. «C’est un bon hôtel pour rester à Shanghai, surtout lors d’un voyage d'affaires. Seulement, les chauffeurs de taxi n'entrent pas trop souvent et pour se déplacer, il faut marcher jusqu’à une intersection», témoigne un client. Il est situé juste à côté d'un centre commercial et d’un Mac Donald. C’est très pratique si vous voulez faire les courses. Le vestibule est assez grand avec trois restaurants. La chambre est tout à fait grande et bien fournie et la salle de bains est agréable aussi. Les bicyclettes circulent partout : dans les petites ruelles commerçantes, sur les grandes avenues, sur les pistes cyclables et sur les trottoirs. La bicyclette est véritablement la petite reine du centre-ville. Au niveau des feux de signalisation, ce sont les dernières à stopper et les premières à démarrer. A Shanghai, l'utilisation du vélo reste importante.
C’est un mode de déplacement pour tout le monde : homme, femme, jeune et vieux. Tous les types de profils enfourchent des bicyclettes dans les rues. Outre le transport de personnes, le vélo ou le tricycle est un mode de transport de marchandises ou bien un moyen d'avoir une boutique qu'on peut stationner où bon vous semble. Dans ce cas, il s’agit principalement des tricycles lourds pouvant supporter des charges assez importantes.
On nous propose de visiter Shanghai en vélo. Ce mode de locomotion nous permet de nous rapprocher de plus près des gens du pays et de nous imprégner des ambiances, des senteurs, des couleurs et des matières. On tente de décrypter un monde qui demeure délicieusement mystérieux et poétique. La relation entre le visiteur et le visité est ultrasensible en termes d’image pour la destination. Même rare, elle se place au premier rang des impressions de séjour. On peut dire que cette relation concentre une grande part de l’aspect émotionnel d’un séjour. L’instant du premier contact est crucial. Tout peut alors basculer vers le meilleur, ou le moins bon… Le contact avec la population locale ne doit pas se limiter à des contacts commerciaux. L'originalité de l'expérience se vit dans le contact humain. Les salons de massage sont partout. Ils s’adressent aux cadres hyperactifs mais aussi de plus en plus à Monsieur tout-le-monde. Recommandés particulièrement aux hommes, ils se concentrent sur les points réflexes de la face dorsale, chacun étant associé à un organe.
Les mains appuient et martèlent jusqu'à délivrer des tensions. Shanghai, une destination de vacances en Chine ? Assurément. «Cette ville a été la destination numéro un en Chine pendant les vacances de la fête nationale cette année», selon Ctrip.com, une des principales agences de voyages en ligne de Chine. Le classement, qui regroupe 40 villes chinoises, a été établi à partir des statistiques du site internet concernant les réservations d'hôtels, les billets d'avion et voyages organisés. Voyager à Shanghai, c’est effectuer une escale à l'intérieur d’une contrée qui a nourri pendant des siècles l'imaginaire des romanciers et se retrouver au cœur d’un Orient mystérieux qui se dévoile par petites touches successives.L'alchimie opère tout de suite, produisant un mélange rare de passions et de magie qui rend cette rencontre inoubliable.

Categorie(s): reportage

Auteur(s): Kamel Benelkadi

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