Site archéologique de Tiklat à Béjaïa : Détérioration pour cause de barrage

Elwatan; le Lundi 7 Janvier 2008
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Le tracé de la conduite qui doit transférer les eaux du barrage de Tichy Haf, de la station de traitement d'Aït Rzine, dans la haute vallée de la Soummam, jusqu'à la ville de Béjaïa, bute actuellement sur le site historique de Tiklat qui s'étend sur les deux communes voisines de Fenaïa et El Kseur.
Sur ce site classé monument historique, les excavatrices de l'entreprise ETRHB, en charge du projet du transfert, ont mis au jour des vestiges sur lesquels des dégâts quasiment irréparables ont été commis. Selon des constats que nous avons effectués sur place en compagnie de l'un des gardiens du site, des structures de murs et des objets antiques enfouis sous les vergers d'agrumes ont été endommagés par les engins d'excavation. Une amphore géante contenant, vraisemblablement, ce qui nous a semblé être des ossements humains a été détruite ainsi que des murs d'une épaisseur assez considérable. Des pierres de taille et des débris de tuiles et de briques jonchent également les lieux. Joints par téléphone, des responsables de la direction de la culture de la wilaya nous ont affirmé que l'entreprise en charge des travaux avait été sommée d'arrêter immédiatement les travaux aussitôt les premiers vestiges mis au jour. Ce sont les gardiens du site qui ont donné l'alerte après avoir constaté les dégâts. Toujours selon les responsables de la direction de la culture, le site de Tiklat étant classé et protégé, il a été suggéré à l'ANBT, (Agence nationale des barrages et des transferts), de dévier impérativement le tracé de la conduite. Le problème qui semble se poser est que le site de Tiklat, l'antique Tubusuptu fondée par Auguste avant l'ère chrétienne pour abriter une colonie de vétérans romains, s'étend sur une superficie de plusieurs hectares. Ce territoire, qui regorge de trésors archéologiques comme les nécropoles, les thermes, les stèles funéraires, les mosaïques et autres vestiges, va des collines au-dessus de la RN 26 jusqu'à la berge droite de l'Oued Soummam. Il sera donc très difficile de dévier le tracé initial, à moins d'enjamber la rivière pour accéder à sa rive gauche avant de retrouver le tracé initial.
En attendant qu'une solution soit trouvée, les travaux du transfert des eaux du barrage de Tichy Haf continuent sur d'autres tronçons. Ce projet qui a déjà accusé des retards dus à des problèmes d'expropriation, d'indemnisation et d'accidents, comme celui qui a coûté la vie à quatre travailleurs sur le chantier-même de la conduite, risque de voir ses délais de livraison passablement allongés.

Categorie(s): epoque

Auteur(s): Djamel Alilat

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