Suite à l’attentat kamikaze de mercredi dernier : Affliction et indignation à Naciria

Elwatan; le Samedi 5 Janvier 2008
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Deux jours après l’attentat ignoble qui a secoué la ville de Naciria, la peur et l’inquiétude s'installent parmi les habitants.

Boumerdès.
De nos correspondants

Ce début d’année chagriné annonce des lendemains incertains et n’augure rien de bon pour une population aux abois dans une localité qui manque pratiquement de tout. Cet attentat fait rappeler à plus d’un la ville irakienne qui porte le même nom et qui est constamment secouée par des scènes de violence depuis plusieurs années. En effet, il suffit de voir les bâtisses touchées et les dégâts occasionnés pour saisir l’ampleur du drame. Les passants marchent au ralenti et leurs regards sont accrochés par ces bâtiments effondrés.
Une image qui fait rappeler aux habitants la violence et la crise des années 1990. Les commerçants quant à eux s’attellent à réparer les dégâts occasionnés à leurs locaux. Ils n’ont pas jugé utile d’attendre les indemnisations des pouvoirs publics.
Une réalité qui illustre un état d’esprit d’une population lasse d’attendre les promesses d'habitude sans lendemain et la rupture de confiance entre gouvernants et gouvernés. Tout le monde témoigne sa solidarité avec les familles des quatre policiers tués. «La solidarité et l’entraide font partie des principes et traditions séculaires de toute la région de Kabylie», soutient ammi Ali. Tôt dans la matinée de jeudi, les citoyens affluaient vers les marchands de journaux pour voir tout ce qui a été rapporté par les organes de presse.
A 10h aucun quotidien n’était disponible sur les étals. Les journaux ont été vendus comme des petits pains. Selon M. Merzak, universitaire, cette paisible localité de Kabylie est d’autant plus ignorée que même la télévision d’Etat n’a pas dit grand-chose sur l’attentat. Hormis le wali, qui était parmi les premiers à être sur les lieux, Ali Tounsi ainsi que M. Ould Kablia, arrivés en milieu d'après-midi, aucun haut responsable n’a daigné se rendre sur les lieux du drame, fera-t-il remarquer. Pour la majorité des citoyens interrogés, cet acte barbare est l’œuvre de gens qui n’ont aucune conscience et n’éprouvent de surcroît aucun respect aux valeurs humaines. «Je suis très inquiet pour ce qui arrive à mon pays», dira Abdelkrim qui poursuit ses études en France. Les familles sinistrées sont relogées en attendant la restauration de leur logement.
Une commission formée de psychologues et de membres du Croissant-Rouge algérien est mise sur pied pour assurer un suivi aux victimes de l'attentat. Une autre s'est mise au travail pour évaluer les dégâts en vue des indemnisations. Jeudi, les responsables de la wilaya sont revenus encore sur les lieux pour rassurer les habitants. Mais ces derniers réalisent la mesure de la gravité de la situation : «Nous sommes tous menacés et la vigilance reste le seul moyen de survie», dira Saïd, un militant d’un parti de l’opposition. Selon lui, la population de cette région comme d’ailleurs tout le peuple algérien aspire à des lendemains meilleurs où paix et prospérité seront garanties. Celui-ci insiste sur «l’urgence de trouver une solution politique à la crise». «Les pouvoirs publics doivent tenir compte des préoccupations des citoyens, notamment la frange des jeunes», dit-il. D'autres habitants soulèvent toutes sortes de problèmes d'ordre social et politique.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): R. K.

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