Tension à L’OPGI. Des travailleurs lésés

Elwatan; le Dimanche 6 Janvier 2008
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Mine défaite et traits altérés par la faim et la nervosité, une vingtaine d’anciens agents de recouvrement, licenciés par la direction de l’OPGI, battent le pavé devant le portail de l’entreprise en guise de sit-in, afin « de porter à la connaissance de l’opinion publique (leur) souffrance à défaut de la régler à cause de cette direction», selon les propos des protestataires.

La souffrance qu’ils évoquent a trait à leur licenciement groupé, que leur hiérarchie leur a signifié pour des malversations qu’ils auraient commises à la fin de l’année 2003. Quelques temps après, une décision de révocation tombe, les mettant illico presto au chômage sous réserve, toutefois, note ladite décision, inspirée du règlement intérieur et de la convention collective, de les réintégrer séance tenante, si le procès en justice, que leur employeur a actionné à leur encontre, les aura absous. Déjà, en mars 2006, une levée du contrôle judiciaire, décidée par le parquet, donne les prémices d’une potentielle présomption d’innocence, confirmée une année plus tard par un non-lieu émis par le tribunal compétent. La direction fait appel à ce jugement, et surseoit à la réintégration des 28 travailleurs, désormais innocentés. Mais, après coup, elle fera valoir la décision d’un autre arrêt de justice, proclamant l’innocence de l’un des travailleurs, au motif qu’au moment de la notification de l’accusation pour détournement des deniers de l’entreprise, celui-ci était malade! Cinq autres travailleurs bénéficieront d’indemnités relatives à quatre années de licenciement abusif, mais les autres n’auront rien « jusqu'à ce que la cour suprême tranche», selon les propos de la direction. Les 22 autres travailleurs incriminés s’indignent devant le «deux poids deux mesures» qui sous-tend cette décision, alors qu’il leur est fait mention du même grief. «L’arrêt de la cour suprême peut s’avérer très long à voir le jour, et c’est justement la stratégie adoptée par la direction, qui table sur l’étiolement de notre résistance, et voudrait nous voir faire l’impasse sur nos droits», dira l’un d’eux. Un autre travailleur, visiblement blasé, affirme que «si dans 48 heures nous n’avons rien, je m’immolerai par le feu devant le siège de l’entreprise».

Categorie(s): constantine

Auteur(s): Ahmed Boudraâ

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