Tewfik Khelladi. DG de la Radio nationale : On n’est pas responsable uniquement pour toucher la prime de responsabilité

Elwatan; le Vendredi 8 Avril 2011
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- Dans une déclaration à l’APS, vous affirmiez être «responsable de la discipline qui doit régner dans l’entreprise». Vous êtes directeur d’une Radio nationale ou d’une prison ?


Comme dans toutes les institutions, il y a des règlements intérieurs. Votre question me laisse croire qu’il n’y a de discipline que dans les prisons. Si c’était le cas, je me demande dans quel monde vivrions-nous.


- Comment expliquez-vous les mouvements de protestation qu’a connus la Radio nationale ?


Si vous faites référence au sit-in du 27 mars dernier, il n’a été précédé d’aucune revendication ni négociation. Pour cette raison, je me demande si ce mouvement ne répond pas à des revendications autres que socioprofessionnelles. Les portes du dialogue ont toujours été ouvertes avec la chaîne de commandement de la radio et je défie quiconque d’affirmer le contraire. Ce dialogue doit se faire dans un cadre organisé et empreint de sérénité. D’ailleurs, les engagements que nous avons pris avec le partenaire social ont tous été tenus.


- Vous avez démis quatre responsables qui ont refusé de sanctionner des journalistes protestataires...


Je n’ai pas démis des responsables parce qu’ils ont refusé de sanctionner des journalistes,  mais parce qu’ils ont refusé de remplir leur plan de charge. Lorsqu’on est responsable, on ne l’est pas uniquement pour toucher la prime de responsabilité, mais aussi pour faire respecter le règlement intérieur et la discipline, comme c’est le cas dans toute autre entreprise. On est responsable dans les bons et les mauvais jours.


- Les journalistes de la radio ont décidé de s’organiser et désigné des délégués. Comment jugez-vous cette démarche ?


C’est très bien. C’est quelque chose que je demandais depuis longtemps.


- Accepteriez-vous de dialoguer avec une délégation de journalistes qui n’est pas affiliée au  syndicat de l’entreprise ?


C’est déjà le cas. Mais je leur demande de travailler dans un cadre légal et d’arrêter de faire des sit-in qui ne répondent à rien. Je suis conscient des problèmes existant à la radio et nous nous attelons à les régler. Je suis prêt à dialoguer dans un cadre serein et constructif.


- Dans une interview à El Watan Week-end, Omar Zelig, réalisateur et animateur à la Chaîne III dénonce «des responsables tétanisés par le débat et l’impertinence». Quel genre de radio voulez-vous faire ?


Omar Zelig est responsable de ses propos. Il affirme que nous sommes terrifiés par sa chronique et que l’on n’ose pas le censurer. Chacun fait son cinéma et sa publicité comme bon lui semble. Je travaille pour que cette radio soit proche des battements et des pulsations des Algériens. On ne peut pas faire une Radio nationale qui ne s’adresse  qu’à l’élite. Penser différemment serait mépriser ce peuple, même si on prétend en être très proche.  


- Quand une journaliste de la rédaction, Souhila ElHachemi, demande lors d’une interview à un officier de la DGSN de traquer les Algériens sur facebook, vous trouvez cela conforme à l’éthique journalistique ?


Je vous invite à aller sur le site de la radio pour réécouter ses propos et vous verrez qu’ils ont été détournés. Elle a demandé si facebook ne pouvait pas constituer un problème, elle n’a jamais demandé de traquer les internautes.


- Dans l’émission politique de la Chaîne III, la journaliste Djahida Mihoubi s’en est pris à Karim Tabbou, premier secrétaire du FFS. A la Radio nationale, il semble qu’on soit tout de même plus à l’aise avec certains partis qu’avec d’autres ?


Le FFS est un très grand parti pour lequel j’ai un très grand respect. La journaliste était dans son droit lorsqu’elle a demandé au leader d’un parti qui aspire aujourd’hui ou demain à présider la destinée de ce peuple de dire quelles sont les solutions qu’il propose pour régler les problèmes que nous connaissons tous.


- Le directeur de l’information de la Télévision nationale et le directeur du quotidien El Moudjahid ont été limogés. Sale  temps pour les responsables du service public ?


J’ai passé une excellente nuit. Je suis extrêmement serein. Je pense que l’ensemble des actions que j’ai engagées l’ont été dans la concertation. Je suis convaincu que nous avons mis en place un dispositif qui va permettre de propulser la Radio nationale vers l’avenir.                                 
 

Categorie(s): aujourd'hui

Auteur(s): Salim Mesbah

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