Théâtre de Béjaïa : Muh Terri fait des siennes sur scène

Elwatan; le Mercredi 28 Octobre 2015
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Mouhoub Latreche a fait la mise en scène au Théâtre régional de Béjaïa et le public a été nombreux à la générale donnée dans la soirée de lundi.

Muh Terri est un personnage incontournable dans la communauté remuante de son village. La parole facile et sans interdits, les aventures débordantes et abondantes, Muh Terri, joué impeccablement par Sofiane Hadj Ali, accuse les coups sur une tête en boule à zéro, ensanglantée.

Même Djeghlalou vout chamer (le barbu) s’y défoule. Le rôle est celui d’un personnage mal compris qui se retrouve dans des situations absurdes. Mohand Ouramdane, garde-champêtre, lui fait payer l’impôt à chacune de ses «entorses» aux lois du village. Un peu à la façon de Djeha, Muh Terri fait contre mauvaise fortune, bon vent. Il quitte le village pour la ville.

Tizi Ouzou l’accueille le temps de se conformer aux habitudes citadines. Il revient au village costumé, le portefeuille bien garni, dans l’habit d’un nouvel homme considéré par les siens. Muh Terri est un «quelqu’un», respecté comme Lhadj Borof, une notabilité du village, et même plus. Il raconte qu’il a travaillé chez le commissaire du parti, entretenant son jardin, mais qu’il a préféré quitter.

Réintégrant son carcan villageois, il se moque des citadins dont les expressions qu’il reprend arrachent des fous rires à la salle. Il faut dire que Sofiane Hadj Ali s’y met bien.

Avec les habits ramenés de la ville, Muh Terri fait le bonheur même des vieilles du village et paye aussi des tournées dans le bar. Un jour, entre des coups mousseux de bière, «à bloc», il révèle la vraie histoire de sa «fortune»…

L’histoire de l’embauche chez le commissaire du parti tombe comme un château de cartes. Retombé dans sa marginalité initiale, il se découvre un nouveau foyer d’aventures. Il «devient amazigh», meneur de combat dans le feu des manifestations de 1980. Dans la foulée, la maison de Lhadj Borof est dévalisée. Muh Terri est arrêté…

Dans sa mise en scène, Mouhoub Latreche a été essentiellement fidèle au texte de Mohya dont la narration s’étale sur près de trois heures. Latreche a assuré le double rôle de Lhadj Borof et du narrateur, mais avec une diction parfois noyée et qui tranche avec la tonalité de Mohya.

De nombreuses répliques, métatextuelles, des comédiens sortent de l’histoire racontée. Ce procédé entraîne la pièce dans un autre niveau narratif qui a ajouté de l’humour au jeu théâtral.

Categorie(s): culture

Auteur(s): Kamel Medjdoub

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