Tizi Ouzou. «La mendicité professionnelle» en débat

Elwatan; le Samedi 5 Janvier 2008
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Le recul de la solidarité et de l’entraide, jadis, ancrés dans la société a ouvert le champ à l’individualisme, l’égoïsme et a favorisé la mendicité sous toutes ses formes.
Tel est le résumé de la journée d’étude sur le phénomène de la mendicité, énoncé par le président de l’association «Tiregwa» à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, avant de cerner le thème sur les plans socio-économique, juridique et psychologique. Sur le plan comptable, la carte sociale dans la wilaya de Tizi Ouzou répertorie 14 poches de pauvreté.
22 053 familles démunies et 63 801 personnes sans couverture sociale sont recensées. Dans leur intervention, les conférenciers distinguent entre deux formes de pauvreté : la première est, selon eux, celle qui est dictée par le besoin et la nécessité ; la seconde est celle sur laquelle est axé le débat, à savoir «la mendicité professionnelle». Cette dernière constitue un véritable fléau pour la société, explique-t-on. Agrémentée de vice, elle peut se transformer en une forme de criminalité, et ce, en exploitant les enfants et les handicapés. Les pseudo-mendiants utilisent, dans ces cas, la ruse, et des techniques aux fins de susciter la pitié, la compassion et le malaise chez les gens. Parfois même elle s’avère organisée dans des réseaux qu’il faudrait démanteler au risque de voir ce phénomène proliférer.
Les moyens de lutte contre ce fait restent dérisoires, tant sur le plan juridique que sur le plan socio-économique. «La mendicité professionnelle est passible d’une peine d’un à six mois de prison dans la loi algérienne, pour avoir exploité des enfants et abusé de la générosité des gens », dit M. Sidi Mâamar, juriste. Sur sa lancée, il révèle : «un vide juridique, car le législateur algérien ne s’est pas penché sur cette nouvelle forme de mendicité organisée.» De plus, «il est constaté aussi qu’il est difficile de prouver la culpabilité de la personne incriminée si elle a la capacité de subvenir à ses besoins». Par ailleurs, le psychologue M. Taïbi, a recommandé une stratégie de lutte contre ce mal par une approche globale, englobant une démarche sociale, qui consiste en une meilleure prise en charge institutionnelle et l’insertion socio-économique et familiale.
«La conjugaison des efforts entre les associations, les institutions et l’appareil judiciaire clarifiera la mission de la police dans la lutte contre la mendicité», conclut-il.

Categorie(s): fait du jour

Auteur(s): Nordine Douici

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