Un groupe belge intègre Medgaz : Fluxys rachète 32% des parts dans le gazoduc

Elwatan; le Samedi 5 Janvier 2013
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Lorsque l’interconnexion de ces deux marchés sera renforcée, Medgaz prendra encore plus d’importance, pas uniquement pour le marché espagnol mais pour l’ensemble du marché européen. Fluxys, le gestionnaire du réseau de transport de gaz naturel belge, va prendre le contrôle de 32% des internes dans le gazoduc Medgaz qui relie l’Algérie à l’Espagne par voie sous-marine de Beni Saf à Almeria. Cette prise de contrôle fait suite au rachat par Fluxys des parts des compagnies espagnoles Iberdrola et Endesa, détentrices respectivement de 20 et de 12%, pour un prix global de 233 millions d’euros.

Au moment où les deux compagnies avaient chargé des banques de vendre leurs parts, la valeur des 12% d’Endesa avait été estimée à environ 90 millions d’euros. Cette prise de participation sera effective si les autres actionnaires n’utilisent pas leur droit de préemption. Mais vu la teneur des communiqués produits par les trois compagnies concernées (Fluxys, Iberdrola et Endesa) un accord de principe a dû être obtenu auprès des autres actionnaires pour formaliser l’opération de cession ou d’achat. En plus de Iberdrola qui détenait 20% des actions et de Endesa qui en avait 12%, Medgaz compte comme actionnaires la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach avec 36%, la compagnie espagnole Cepsa avec 20% et le groupe français Gaz De France-Suez avec 12%.

Selon Fluxys, un accord a été conclu «avec Endesa et Iberdrola pour racheter leurs parts dans Medgaz, le propriétaire et gestionnaire de la canalisation sous-marine transportant du gaz entre l’Algérie et l’Espagne». La compagnie belge a indiqué espérer finaliser les deux transactions au cours du premier semestre 2013 avec toutefois le préalable que les autres actionnaires de Medgaz, à savoir Sonatrach, Cepsa et GDF-Suez, renoncent à leurs droits préférentiels et que la Banque européenne d’investissement (qui a accordé le prêt pour construire le gazoduc) donne son feu vert aussi.

Dès que les formalités officialiseront le rachat, Fluxys prendra 32% des parts dans Medgaz pour un prix de 233 millions d’euros. Iberdrola a déjà annoncé avoir cédé ses parts dans Medgaz à Fluxys pour 146 millions d’euros. De son côté, Endesa a rendu public un prix de 87,5 millions d’euros pour la cession de ses 12% de Medgaz.
Iberdrola explique cette opération par la nécessité de recentrer ses investissements sur des marchés plus porteurs, comme le Royaume-Uni ou le Brésil, où elle est présente. D’ici 2014, Iberdrola doit vendre 2 milliards d’actifs. Il faut dire que la crise en Espagne ne laisse pas beaucoup de choix à la compagnie vu la baisse de la demande en gaz naturel qui a atteint environ 20% en 2011. La crise économique en Espagne et la baisse de la consommation de gaz naturel ont eu des effets directs sur l’actionnariat de Medgaz. Ainsi, ce sont deux actionnaires qui s’étaient positionnés des le début du projet, à partir de l’an 2000, qui le quittent. Toutefois, les deux compagnies historiques qui ont lancé le projet, à savoir Sonatrach et Cepsa, gardent la majorité à elles deux avec 36 et 20%.

On se rappelle qu’Endesa s’était opposée à l’entrée d’une autre compagnie espagnole, Gas Natural, dans le capital de Medgaz pour éviter la concurrence. L’entrée dans le capital de Medgaz donne le droit à la compagnie de vendre une part du gaz naturel acheminé par la canalisation de l’Algérie vers l’Espagne.
Gas Natural doit finaliser une prise de participation de 10% à partir des actifs de Sonatrach, selon un accord intervenu en 2011 après le règlement du différent sur les prix du gaz. Actuellement, le gazoduc Medgaz ne tourne pas à plein régime du fait de la baisse de la demande de gaz naturel en Espagne.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Liès Sahar

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