Un passage obligé

Elwatan; le Lundi 16 Mars 2009
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Le sommet du G20, le 2 avril prochain, s’annonce d’ores et déjà comme un test de vérité pour l’économie mondiale. Les principaux dirigeants de la planète devront en effet, à cette occasion, prendre les mesures les plus pertinentes pour faire face à la crise du capitalisme. Les pays les plus riches, traditionnellement réunis dans le G8, en association avec les pays émergents, notamment la Chine et le Brésil, devront mettre en œuvre des parades solides et durables pour empêcher une retentissante implosion du système libéral. L’attention se porte bien évidemment d’abord sur la conduite qui sera adoptée par les Etats-Unis dont le sort ne manquera pas d’avoir un effet boule de neige sur les autres pays.

Les ministres des Finances du G20, réunis au début de cette semaine près de Londres, ont voulu donner le ton à ce sommet qui sera sans concession envers ceux qui seraient tentés de faire bande à part au moment où l’économie mondiale est exsangue. Implicitement, ce sont les pays qui se sont constitués en paradis fiscaux, principalement en Europe, qui sont montrés du doigt. La lutte contre l’évasion fiscale et le secret bancaire, dont l’Allemagne et la France ont fait leur cheval de bataille, semble ainsi faire partie de l’arsenal de mesures prônées pour la sortie de crise, avec en arrière-plan une volonté de moraliser quelque peu un capitalisme fortement dévoyé par des pratiques prédatrices.

Cela sera-t-il suffisant pour autant ? Juguler l’évasion fiscale préservera-t-il l’économie du danger fatal de voir le dollar dévalué sous la contrainte de pressions insoutenables pour l’économie américaine et, par-delà elle, celle du monde ? Les plans de sauvetage initiés par l’Administration Bush puis par celle du président Obama, son successeur, ne produisent que de maigres résultats en dépit des centaines de milliards de dollars injectés pour colmater les brèches profondes ouvertes dans un tissu économique et financier réputé inébranlable.
Il ne fait de doute pour personne que le salut de l’économie mondiale passe assez nettement par celui des Etats-Unis, qui a reçu frontalement le choc d’une crise qui a ruiné ses banques et une part essentielle de son industrie.

Le maître-mot, au prochain sommet du G20, sera celui de la relance. On comprendra qu’il s’agit en premier lieu de relance aux Etats-Unis et dans une Europe déjà fortement affaiblie par une récession qui entraîne les indices les plus alarmants en termes de montée du taux de chômage et de baisse du chiffre de la croissance. Dans ces conditions, les pays émergents sont légitimés à plaider pour une révision de l’ordre économique mondial issu des accords de Bretton Woods qui, à bien des égards, peuvent sembler désormais caducs.
Le sommet du G20, dans les jours à venir, sera-t-il, à cet égard, l’acte fondateur d’un équilibre économique mondial plus juste et plus solidaire ? Cela paraît un passage obligé tant le système qui a généré sa propre nécrose, aux Etats-Unis et en Europe, a montré toutes ses limites.

Categorie(s): edito

Auteur(s): Amine Lotfi

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