Une étude «inquiétante» sur l’obésité : Reprendre des frites et mourir plus vieux ?

Elwatan; le Dimanche 6 Janvier 2013
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Pour vivre plus longtemps, les Américains vont-ils reprendre des frites ?
Une étude, très controversée, laisse à penser que les bourrelets en trop sont bénéfiques, une conclusion jugée «inquiétante» au pays de l’obésité. «C’est très inquiétant que les gens puissent interpréter cette étude d’une façon simpliste en se disant ‘‘c’est ok d’avoir des kilos en trop’’, c’est le mauvais message», a dit à l’AFP le cardiologue Francisco Lopez-Jimenez, après la parution d’une étude, très commentée, dans le Journal of the Medical American Association.

Selon cette analyse, publiée mardi dernier, qui s’appuie sur près de cent études dans le monde, des personnes en surpoids et légèrement obèses vivent plus longtemps - de 5 à 6% de temps dans une tranche donnée - que celles d’un poids normal.
En revanche, une forte obésité accroît nettement le risque de mortalité, modèrent les chercheurs. «Il y a des centaines d’études qui montrent qu’être en surpoids ou un peu obèse provoque un fort risque de diabète, de maladies cardiaques, de cholestérol et d’hypertension et perdre ces quelques kilos en trop améliorent les choses», affirme le responsable de cardiologie à la Mayo clinic du Minnesota. Or, les Etats-Unis sont le pays de l’obésité, où un adulte sur trois, et près d’un enfant sur cinq sont obèses, alors que deux tiers des adultes et un tiers des enfants sont en surpoids, avec leur corollaire de maladies et d’infirmités.

Selon une récente étude, plus de 42% d’Américains pourraient être obèses en 2030, soit 32 millions d’obèses supplémentaires par rapport à aujourd’hui. Les coûts de santé liés à l’obésité s’établissaient à 190 milliards de dollars par an entre 2000 et 2005, 147 milliards pour l’année 2009. Le taux d’enfants obèses, aujourd’hui à 17%, a triplé en 30 ans. L’hypertension artérielle touche un tiers des Américains de plus de 20 ans, et plus de la moitié de ceux de 55 ans et plus.

L’obésité est à tel point un enjeu majeur de santé publique que même la première Dame des Etats-Unis, Michelle Obama, n’hésite pas, depuis quatre ans, à faire des pompes à la télévision ou croquer des navets devant les photographes pour inciter ses compatriotes à une vie et une nourriture plus saines. Pourtant, dès la publication de cette étude, certains se sont engouffrés dans la brèche. Marilyn Wann, très ronde chroniqueuse et auteur de Fat ! So (Grosse et alors !), écrit sur le site de CNN que l’étude «vient de confirmer ce que je sais depuis longtemps : être gros ne revient pas à une sentence de mort.»
 

Categorie(s): santé

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