Unité Alfaditex de Remila (Sidi Aïch) : Les travailleurs crient à l’«exploitation»

Elwatan; le Samedi 14 Mars 2009
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Les travailleurs de l’unité Alfaditex de Remila, société spécialisée dans le textile, ont repris le travail mardi dernier après une semaine de grève déclenchée pour soutenir la section syndicale dans ses négociations avec la direction générale concernant l’augmentation des salaires.
Satisfaits d’avoir arraché une augmentation de 1 200 DA sur le salaire de base, les responsables territoriaux de l’UGTA ont demandé aux grévistes, dans une assemblée générale tenue mardi matin, de rejoindre leurs postes. «C’est au niveau du groupe que nous essayerons désormais de trouver des solutions pour ce qui est des salaires» nous dit M. Touahri, porte parole de la section syndicale.
Les syndicalises ont proposé, samedi dernier, aux employés de geler leur mouvement en expliquant que les négociations continueront et que les dirigeants auront un délai d’un mois pour régler la question. Déterminés, les grévistes n’ont rien voulu entendre. Ils réclament l’alignement des salaires sur ceux accordés dans d’autres entreprises du même groupe, à l’instar de celle de M’sila. Le salaire de base de certaines catégories varie encore entre 7 000 et 8 000 DA. Dans la même journée, la section syndicale a informé, par voie d’affichage, qu’elle dégage toute responsabilité quant à cette grève qu’elle qualifie d’illégale. Les ouvriers, quant à eux, ne décolèrent pas.
«Comment se fait-il que des gens perçoivent 9 000 dinars le mois alors que le SMIG est à 12 000 dinars ?» s’interroge un protestataire. Et d’ajouter : «Aucune augmentation n’a été enregistrée depuis une éternité».

Après plusieurs tentatives nous avons pu entrer en contact avec les responsables de l’entreprise. «Il n’y a pas un seul salarié qui touche moins du SMIG» déclare M. Abdoune, le PDG. Selon lui, son entreprise n’est pas en bonne santé financière. Un plan de redressement a été enclenché dans l’espoir de réaliser un équilibre en fin d’année. D’où la réduction de l’effectif à 545 employés alors qu’il comptait naguère 1 700 travailleurs. «C’est dans le but d’amortir la charge salariale» nous dit-on à la direction. Mais les travailleurs ne l’entendent pas de cette oreille. «Un seul ouvrier fait le travail de trois personnes et avec un salaire minable» crie un quinquagénaire.
Les protestataires nous parlent aussi des conditions de travail «déplorables». «Les règles d’hygiène et de sécurité ne sont pas respectées dans des milieux qui sont pourtant dangereux pour la santé des employés» dénonce un salarié. «Nous travaillons en trois équipes de huit heures et nous sommes réquisitionnés pour des week-ends. En cas de refus ou d’absence, nous sommes sanctionnés» se plaint-on encore. Pour les responsables de l’unité, les heures supplémentaires sont pratiquées «selon la réglementation». Tout en admettant que la filière des Cuire et textile est en crise, des travailleurs pointent du doigt «une mauvaise gestion» qui serait à l’origine de ces dificultés financières.
Aux alentours de 9h, mardi dernier, les travailleurs se sont résignés à arrêter leur mouvement. «Certains d’entre nous sont menacés d’exclusion et d’autres n’ont plus de quoi vivre» raconte un travailleur visiblement déçu. «C’est toujours ainsi que se terminent nos protestations» conclut un autre.

Categorie(s): bejaia

Auteur(s): Ithri Belatèche

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