Université de Béjaïa : La grève perdure à la faculté des sciences exactes

Elwatan; le Dimanche 25 Octobre 2015
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La communauté universitaire de Béjaïa est informée de la décision du maintien pour cette année 2015/2016 des facultés de technologie, sciences de la nature et de la vie et des sciences exactes au campus de Targa Ouzemour, et ce, conformément aux orientations de la tutelle», a indiqué un communiqué du rectorat de l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa, suite à la grève qui perdure depuis plus d’un mois au sein de la faculté des sciences exactes (FSE).

Une décision qui vise l’apaisement afin d’éviter que les retards causés par la protestation ne s’accumulent. D’après des sources proches du rectorat, «la tutelle a décidé de surseoir à la délocalisation de la faculté des sciences exactes vers Amizour cette année, afin de nous donner le temps de décider définitivement du sort de cette dernière».


Refus

Cette attitude du ministère n’a pas convaincu pour autant les grévistes qui restent septiques, car la suspension de la décision de la délocalisation est valable uniquement cette année, comme il est précisé dans le communiqué qui ne mentionne pas explicitement, «l’annulation» du transfert de la FSE vers la nouvelle structure.

Ainsi, les grévistes maintiennent leur revendication phare qui est l’annulation pure et simple de cette décision de délocalisation face à laquelle ils ont affiché un refus catégorique, lors de la réunion qui les a regroupés avec le rectorat sous la couverture du Conseil national autonome des enseignants du supérieur (CNES).

Et ce, en dépit de l’avis favorable émis par la commission de médiation dépêchée par le ministère, à la demande du Conseil de direction, il y a plus de dix jours.

Pour rappel, cette dernière avait mentionné dans son procès-verbal, la compatibilité du nouveau campus d’Amizour pour accueillir une faculté des sciences exactes, tenant compte des moyens pédagogiques mis en place et de l’avis du Conseil scientifique qui a validé cette option.

«L’état général du campus d’Amizour présente toutes les conditions pédagogiques et de fonctionnalité», ont écrit les membres de la commission. Ils ont, toutefois, mentionné des réserves quant à l’achèvement de quelques travaux de finition qui, de leur avis, «ne devraient pas nuire au fonctionnement pédagogique du nouveau campus».

Cela dit, une partie des enseignants et des étudiants ont rejeté ces conclusions préliminaires et maintiennent leur position qu’ils ont réitérée à l’issue de la première rencontre rectorat-enseignants.

«Nous tenons à informer que la réunion tenue hier (19 octobre, ndlr)  avec le recteur, le Conseil de la direction n’a abouti à aucun accord ni aucune décision commune». A fortiori, écrivent-ils sur leur page facebook, «les arguments du recteur ne nous ont, à aucun moment, convaincus».

Propositions

Lors de cette réunion, les enseignants grévistes ont déposé des propositions pour mettre fin à ce blocage.

Des suggestions qui visent, évidemment, à maintenir la FSE à Targa Ouzemour, quitte à délocaliser d’autres facultés, à prolonger les cours jusqu’à 18h ou 19h et à travailler les samedis. L’une des propositions consiste en la délocalisation de la faculté de biologie vers Aboudaou et celle des sciences juridiques vers Amizour.

Pour la deuxième proposition, les enseignants contestataires pensent qu’il est judicieux, également, de garder au niveau de Targa Ouzemour les trois facultés avec un effectif qui ne dépasse pas les 4330 étudiants chacune. Les grévistes ont proposé à cet effet d’envoyer le surplus de la faculté de technologie (6000 étudiants) qui compte plus de 10 000 étudiants vers Aboudaou.

Or, le recteur a expliqué que «la faculté de technologie n’a pas les moyens pour fonctionner à Aboudaou, en plus on aura l’ensemble de son effectif (enseignants et étudiants) dispatchés entre Aboudaou et Targa Ouzemour».

Enfin, la troisième solution proposée par les enseignants grévistes consiste à ce que toutes les facultés soient maintenues dans le campus de Targa.

A ce propos, le recteur a estimé que «cette proposition va à l’encontre des normes pédagogiques et des normes de qualité».

Car, dit-il, «ceci nous ramènera à travailler toute la semaine, jusqu’à 19h ou 20h, y compris les samedis, à l’étroit». Le premier responsable de l’université de Béjaïa a promis que «malgré la pression que vit le campus Targa Ouzemour - plus de 19 000 étudiants pour une capacité de 13 000 -, nous allons faire tous les efforts pour maintenir un effectif raisonnable de la faculté des sciences exactes à Targa, mais cela se fera en adéquation avec les locaux libres en mettant d’abord les facultés de technologie et sciences de la nature et de la vie dans de bonnes conditions».

Categorie(s): bejaia

Auteur(s): Nordine Douici

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