Université de Boumerdès : La biodiversité en débat

Elwatan; le Jeudi 22 Octobre 2015
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Balayées depuis longtemps des débats publics, les questions liées à la biodiversité, l’environnement et la sécurité alimentaire ont fait l’objet d’un séminaire le 20 et 21 du mois en cours à la faculté des sciences de l’ingénieur de l’université M’hamed Bouguerra de Boumerdès.
Cette rencontre, la première du genre à l’échelle nationale, a vu la participation d’une pléiade d’universitaires et de chercheurs de plusieurs régions du pays.

«Nous souhaitons apporter notre contribution à la mise en place d’une stratégie de sécurité alimentaire basée sur l’exploitation rationnelle des ressources animales et végétales afin d’assurer un régime alimentaire sain et riche en nutriments», a déclaré le Dr Zidane Sofiane, président du comité d’organisation du séminaire. L’orateur a laissé entendre que l’Algérie sera durement touchée par les problèmes liés à la sous-alimentation, l’accès à la santé et l’eau, en raison des changements climatiques et de leurs effets négatifs sur la production de produits de première nécessité. Selon lui, la production de blé, dont l’Algérie est le premier importateur au monde, risque de chuter de 20% à l’horizon 2030. Les prix de ce produit ainsi que ceux du riz, du maïs et du soja, connaîtront d’importantes hausses.

Le professeur Benbraham Wassila a animé une conférence sur «L’alimentation et la santé humaine» en axant sa recherche sur le cancer du sein. En sa qualité d’oncologue à Batna, Mme Benbraham a rappelé que le cancer du sein constitue 30% du total des cas de cancer en Algérie. «Le nombre de nouveaux cas de cancer du sein est passé de 9000 en 2009 à 11 000 en 2013», a-t-elle précisé. Selon elle, les facteurs aggravant de cette maladie sont, entre autres, le manque d’activité physique, le mariage tardif, l’absence d’allaitement et les mauvaises habitudes alimentaires.

Le professeur Belhaneche Naïma a présenté une communication sur «Le plastique, la santé et l’environnement». Pour elle, le mauvais usage du plastique est à l’origine de nombreuses maladies, dont la plupart sont dues à la consommation de produits pollués et par les déchets jetés anarchiquement dans la nature. «Il est vrai que le plastique a permis d’améliorer nos conditions de vie dans certains domaines et de faire l’économie de matières premières, mais certains de ses composants sont nocifs à la santé humaine.

Aujourd’hui, sa production dépasse celle de l’acier, le cuivre et l’aluminium», déplore-t-elle, en rappelant que même les oiseaux utilisent les débris de plastique pour faire leurs nids. L’Algérie est un grand importateur de plastique. «On n’a qu’une seule unité de production à Skikda, même les matières premières sont importées.

Et le fait de jeter le plastique dans la nature constitue un vrai fléau», explique-t-elle. «Le sachet est produit en une seconde, mais lorsqu’on le jette dans la nature, il peut rester 400 ans avant de se décomposer», ajoute-t-elle. La conférencière souligne que même le milieu marin n’est pas épargné par la pollution, précisant que des dauphins et des cétacés ont été retrouvés morts sur les plages après avoir ingéré du plastique.

Categorie(s): boumerdes

Auteur(s): Ramdane Koubabi

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