Vie culturelle au vieux rocher : La fin du clash ?

Elwatan; le Lundi 7 Janvier 2008
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Faut-il vraiment croire à un dégel après un embargo culturel de 21 mois ?
C’est du moins le souhait des Constantinois, qui ont vécu un véritable état de siège.
Les informations parvenant, ces jours-ci, d’Alger laissent penser que la rencontre, qui a eu lieu entre le wali de Constantine, Abdelmalek Boudiaf, et la ministre de la Culture, Khalida Toumi, en marge de la semaine culturelle de la capitale de l’Est, s’est bien déroulée, à tel point que d’aucuns ont même évoqué une « parfaite harmonie», sur fond de «chaleureuses entrevues», entre les deux commis de l’Etat.
D’emblée, une telle information peut paraître anodine, tant il est vrai que Toumi a l’habitude de converser avec ses hôtes, invités dans le cadre des festivités culturelles d’ «Alger, capitale de la culture arabe», mais quand on sait que les deux responsables ne s’appréciaient guère depuis le fameux «coup de gueule» de la ministre à l’encontre du directeur de l’urbanisme de Constantine notamment, on ne peut, forcément, qu’être attentif aux déclarations de l’une et de l’autre. Pour rappel, la ministre de la Culture avait piqué une grosse colère, le 17 avril 2006, au cours de la visite du président de la République à Constantine, accusant, à cette occasion, Abdelmalek Boudiaf d’avoir « massacré» le mausolée de Massinissa suite aux travaux de réhabilitation engagés sur les lieux. N’ayant pas du tout apprécié lesdits travaux, Khalida Toumi avait, alors, vivement exprimé sa désapprobation, en affirmant avec force, et publiquement, son intention de poursuivre en justice le wali de Constantine.
Depuis, celle-ci n’a plus remis les pieds dans la ville du Vieux Rocher. A priori, imperturbable, Boudiaf avait, pour sa part, répliqué en récusant le commissaire du festival des Aïssaoua, pourtant désigné par la ministre de la culture. Une décision, ressentie, avait-on laissé entendre à l’époque, comme une «offense» par Toumi, qui avait, dès lors, entrepris de délocaliser le festival des Aïssaoua vers Mila, celui de la chanson andalouse vers Annaba et enfin, celui du malouf vers Skikda. A cet effet, elle avait même été accusée par l’ex- P/APW de Constantine d’entretenir, sciemment, un «embargo culturel» sur la ville du Vieux Roche.
Cela étant, la «convivialité», à présent retrouvée entre la ministre de la Culture et le wali de Constantine, ne peut, en revanche, et en aucun cas, effacer de la mémoire des Constantinois cette période sombre au cours de laquelle les «chamailleries» de hauts responsables de l’Etat, ont énormément nui à la vie culturelle de l’antique Cirta !

Categorie(s): constantine

Auteur(s): Lydia Rahmani

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