Wilaya de Bouira : Des bâtisses menacent ruine

Elwatan; le Lundi 24 Mai 2010
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Plus de 80 haouchs, dont 71 en milieu urbain, où vivent actuellement près
de 400 familles, ont été recensés.
Les vieilles bâtisses de l’ancienne ville de Bouira, âgées de plus d’un siècle, menacent ruine. Selon le dernier recensement de l’habitat précaire effectué en 2007, par la daïra de Bouira, le tissu du vieux bâti est composé de 84 haouchs dont 73 en milieu urbain et 11 en milieu rural. Près de 400 familles y habitent. Quant au programme de résorption, les pouvoirs publics peinent à trouver la bonne solution. De 2008 à ce jour, 6 haouchs seulement ont été démolis. Mais, faut-il le rappeler, les haouchs qui ont fait l’objet de démolition jusqu’à maintenant, relèvent de la propriété de l’Etat.

Pour ce qui est du privé, il est à noter que le problème rencontré par les autorités locales est celui de l’indivision. Car ces bâtisses appartiennent à plusieurs personnes. Raison pour laquelle, d’ailleurs, les pouvoirs publics échouent souvent dans leurs négociations avec les propriétaires. «Tous les problèmes que nous rencontrons dans la gestion de ce dossier viennent de l’indivision», a déclaré le chef de daïra de Bouira.
Cependant, entre l’«indivision» d’une part, et la menace de l’effondrement de l’autre, la vie de plusieurs citoyens est mise en péril.

Selon un propriétaire, le problème qui se pose, c’est où mettre les commerçants ? Pour lancer les travaux du boulevard qui va de Lala Fatma N’Soumeur «pont Sayeh» jusqu’au carrefour de Tikjda, projet qui n’est pas encore lancé, les autorités locales ont tout essayé pour arracher les 6 mètres qu’il faut pour l’extension du boulevard, en vain. L’administration locale, de son côté, a exigé que les propriétaires prennent en charge leurs locataires. Mais les propriétaires ne veulent rien entendre. «Cette tâche revient exclusivement aux pouvoirs publics. Ils veulent démolir pour avoir les 6 mètres, qu’ils le fassent mais qu’ils prennent en charge les locataires.

C’est à eux de voir où les loger», souligne notre interlocuteur. `Afin de dénouer la problématique posée par le programme de démolition du vieux bâti de la ville de Bouira, les responsables se sont engagés à faciliter bon nombre de procédures administratives. Histoire d’inciter les propriétaires à répondre aux attentes de l’administration. Cependant, entre ce que veulent les pouvoirs publics et les propriétaires des haouchs, il y a la précarité des familles. Loin du contentieux opposant les deux parties, quel rôle l’administration jouera-t-elle pour reloger ces familles dans des maisons décentes ? Au cœur de la rue Akkache Mohamed Akli, à une dizaine de mètres du grand boulevard, un petit bidonville s’érige. Dans ce haouch menaçant ruine, la famille Haïchour vit la misère depuis plus de 20 ans.

Le dernier séisme qui a fait deux morts et des dizaines de blessés dans la wilaya de M’sila, a amplifié les craintes de cette famille. Une pièce sans fenêtres, que partagent les cinq membres de la famille, est totalement fissurée. Un semblant de cuisine et des toilettes qu’utilisent une trentaine de voisins. En plus du danger, il y a les maladies qui guettent les membres de cette famille. Face à cette situation, les responsables locaux n’ont pas encore réagi.

Pourtant, des demandes, pour mettre fin à leur calvaire, ont été faites depuis près de dix ans. Comme cette famille, il y a des dizaines de cas qui attendent à ce que les autorités leur viennent en aide avant que leurs maisons ne leur tombent dessus.

Categorie(s): actu kabylie

Auteur(s): Ali Cherarak

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