Wilaya de Bouira : la production apicole en baisse de 30 %

Elwatan; le Lundi 7 Janvier 2013
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La filière apicole dans la wilaya de Bouira a enregistré cette saison une baisse de près de 30% de la production de miel par rapport à la saison précédente. La quantité récoltée cette année oscille entre 5000 et 5500 quintaux de miel, selon le président de l’association des apiculteurs de la wilaya, M. Tali Slimane, rencontré lors de la foire qui se tient depuis le 29 décembre dernier, et durera jusqu’au 13 janvier courant, au niveau de l’ancien siège de la pépinière d’entreprises. «Cette saison, la production de miel est moyenne par rapport la saison passée.

Le rendement est estimé à entre 5000 et 5500 quintaux, soit une baisse pouvant aller à 30%», souligne M. Tali. Quant aux raisons de la chute de la production mellifère, notre interlocuteur affirme que cela est dû principalement aux catastrophes naturelles, notamment la tempête de neige qui a duré près de trois semaines en février 2012, et les feux de forêts de l’été dernier. Les aléas climatiques ont contribué fortement à l’affaiblissement des colonies d’abeilles. Ces calamités ont fait perdre à beaucoup d’apiculteurs la totalité de leurs ruchers.

D’autres professionnels de la filière indiquent qu’il y a eu encore plusieurs maladies, notamment la loque, mais qui n’ont pas fait beaucoup de dégâts parce qu’elles ont été traitées à temps. Cependant, dans le but de sauver un tant soit peu la saison apicole, plusieurs apiculteurs de la wilaya de Bouira sont partis dans d’autres régions du pays où les conditions sont favorables pour l’apiculture. «Pour sauver la saison, des apiculteurs ont fait la transhumance dans les régions du sud du pays, notamment à Ain Oussara, wilaya de Djelfa, ou à Ghardaïa», a précisé M. Tali. Outre les facteurs naturels, tels que la neige, la chaleur et les feux de forêts, qui ont causé des pertes, voire la faillite pour plusieurs apiculteurs, d’autres causes, telle que la mévente, sont venues s’ajouter à cette liste pour mettre en danger la filière.

Les professionnels ne trouvent pas, en effet, de marché où écouler leur produit. «Le grand problème que nous rencontrons est la commercialisation. La demande ne cesse de baisser. Ce qui fait que plusieurs apiculteurs ne peuvent pas rembourser leurs crédits, ni s’acquitter de leurs dettes vis-à-vis de la Casnos», nous dira Akli Boukerrou, un apiculteur. En l’absence de marché de miel et à cause du manque d’organisation de foires, de plus en plus rares pour ce produit, l’intervention de l’Etat y est nécessaire, pour acheter lui-même par exemple le produit à un prix qui permettrait la survie de la filière de l’apiculture, ajoute ce professionnel. A signaler aussi un manque flagrant de la promotion sur le produit apicole local. Concernant le prix du miel, les exposants au niveau de la foire estiment qu’il est raisonnable ; le kilo de miel est cédé à entre 2800 et 3400 DA.

Un nombreux public visite quotidiennement la foire, a-t-on remarqué. Les exposants estiment que le lieu où se tient cette foire est primordial, puisque l’ancienne pépinière est située au centre-ville et que les gens peuvent facilement s’y rendre. Par ailleurs, le président de l’association des apiculteurs appelle les professionnels de la filière à se rapprocher de la chambre d’agriculture pour prendre part aux journées de formation et de sensibilisation animées par des spécialistes en vue de développer l’apiculture.
La wilaya compte actuellement près de 1200 apiculteurs recensés par la chambre de l’agriculture. Mais seuls 350 ont adhéré à l’association.

Categorie(s): bouira

Auteur(s): Ali Cherarak

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