Ziama Mansouriah (Jijel) : La détresse des pêcheurs

Elwatan; le Dimanche 1 Decembre 2013
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Au port de pêche de Ziama Mansouriah, cette coquette petite ville de l’extrême nord-ouest de la wilaya de Jijel, la crise est à son comble. Il était 17h à notre arrivée sur les lieux en cette fin du mois de novembre. Un bateau de pêche, sorti en mer en milieu de matinée, nous dit-on, s’amarre à son quai. Des marins pêcheurs en descendent, l’air désabusé.
Leur retour bredouille explique toute la détresse qui se lit sur leurs visages. «Il a passé plusieurs heures en mer et, comme vous voyez, il n’a rien ramené dans les caisses !»,  nous dit-on. «Nous sommes les parias de la mer», se révolte un de ces marins pêcheurs, qui s’indigne d’être soumis au paiement d’un impôt juste parce qu’il est titulaire du fascicule qui lui ouvre droit à l’exercice de ce métier. «C’est comme si on soumettait tout titulaire d’un diplôme à un impôt», s’offusque-t-il.
Dans le récit de leurs misères, des pêcheurs rappellent qu’ils n’ont eu aucune rentrée d’argent depuis plus de deux mois. «Je vous le jure que si on me donne 20 000 DA par mois, je laisserai tout et je me contenterai de ce petit salaire pour nourrir mes enfants», fulmine un jeune patron de pêche !

Son bateau, il dit l’avoir acquis de Bousmail suite à un crédit bancaire. «Je risque de le perdre, parce que je n’arrive pas à honorer le paiement de l’échéancier de mes dettes face à cette crise qui nous tue, qui tue notre métier», assure-t-il. «Pourquoi le gouvernement qui ne cesse de vanter les aides aux jeunes du sud et des chômeurs, ne nous vient pas au secours? Les pêcheurs sont les seuls qui se morfondent dans leur crise sans qu’on fasse attention à leur misère ; qu’on nous donne un moratoire pour le paiement de nos crédits», s’élève-t-il. A ces problèmes de manque de subvention et de soutien des pouvoirs publics, comme le laissent entendre les concernés, s’ajoutent bien d’autres préoccupations liées à l’état du port, qui nécessite, nous dit-on, des aménagements.
La vétusté du matériel et l’absence d’un équipement fiable posent un énorme problème aux pêcheurs. «Qu’on nous donne du matériel et vous aller voir : est-ce que le poisson est absent des fonds marins, je mets tout le monde au défi d’aller le chercher là ou il se trouve», assure ce parton de pêche.

Les préoccupations ne se limitent pas là et concernent le souci de voir s’ouvrir un centre pour apprendre le métier de la pêche aux jeunes. La carburant est un casse-tête pour ces marins pêcheurs, puisqu’à chacune des sorties, l’on indique que la consommation oscille entre 250 et 400 litres de gas-oil. «Et c’est à nous de régler cette lourde facture lorsqu’il n’y a aucun rendement de notre sortie en mer», précise-t-on encore. Dans ce long réquisitoire, les services de la météorologie n’échappent pas aux critiques de ces marins, qui veulent plus d’information sur l’état de la mer.
La spéculation est l’autre fait marquant des déclarations des pêcheurs, qui s’offusquent de voir leurs produits s’écouler au prix exorbitant de 400 DA le kilo de la sardine, pendant que leurs gains sont de plus en plus maigres.                 

Categorie(s): jijel

Auteur(s): Zouikri A.

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