2013 : grandes annonces pour les présidentielles ?

Lesoir; le Lundi 31 Decembre 2012
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Année charnière, 2013 le sera fort assurément, notamment en ce qu’elle devra consigner non point des velléités mais de grandes annonces politiques. Les sibylles qui ont ponctué l’année qui se clôt devront laisser place à l’expression d’intentions franches et claires, tant est que l’élection présidentielle, rendez-vous cardinal de la vie politique nationale, est désormais une courte échéance.
Sofiane Aït-Iflis - Alger (Le Soir) - L’ambition de Bouteflika et la
nature des amendements qu’il entend apporter à la Constitution
détermineront dans une grande mesure les audaces politiques. Si le chef
de l’Etat venait à prétendre à l’exercice d’un quatrième mandat
d’affilée, il est quasi établi que ni Belkhadem ni Ouyahia ne se
mettraient en travers de sa route. Ces derniers ont juré tous leurs
dieux qu’ils ne rivaliseraient pas avec lui, quitte à ruminer plus tard
le goût amer du remords. C’est leur choix de vie politique, trop
habitués qu’ils sont à l’effet yoyo et devant presque tout à Bouteflika.
Sevrés l’un comme l’autre de la charge gouvernementale, les secrétaires
généraux du FLN et du RND ne désespèrent pas de retrouver un jour le
bois vernis de leurs bureaux au Palais du gouvernement. Courtes
ambitions. Le sérail n’ayant pas de secret pour eux, Belkhadem et
Ouyahia, objets de profondes contestations au sein de leurs partis
respectifs, s’affichent d’ailleurs déjà dans des attitudes qui donnent à
comprendre que Bouteflika postulera à la prolongation de son bail. Et,
comme lors des trois précédents mandats, ils l’accompagneront
inconditionnellement dans cette aventure. En retour, ils lorgneront un
rappel aux affaires. Les observateurs de la scène politique nationale
voient mal les deux hommes lâcher Bouteflika, encore moins le contrarier
dans son entreprise de révision constitutionnelle, laquelle devrait
intervenir courant 2013 pour clore le chantier de réformes politiques
que le chef de l’Etat a lancé dès avril 2011 pour s’abriter du vent des
révolutions arabes. Les convictions de Belkhadem et Ouyahia, s’ils en
ont de bien propres toutefois, sont mises au placard dès qu’il s’agit
pour eux d’écouter parler l’oracle. Mais si d’aventure, pour une raison
ou une autre, l’actuel locataire du Palais d’El Mouradia renonce à une
supplémentaire candidature, là, les ambitions présidentielles de
Belkhadem et d’Ouyahia ne seront plus annihilées. Ils mettraient
assurément le pied à l’étrier pour faire partie de la chevauchée vers El
Mouradia. Mais trouveront-ils montures ? Sauront-ils les ménager ? L’on
sait toutes les difficultés qu’ils éprouvent à imposer de la sérénité au
sein de leurs partis, l’un faisant face à un mouvement de redressement
bien assis et l’autre à un mouvement de sauvegarde bien parti pour
réussir.
Les islamistes : ambitions solitaires ou pragmatisme en collectif ?

Indifféremment à ce que décidera Bouteflika, les islamistes, qui ont
déjà dessiné et expérimenté la trajectoire de leur commune destinée
politique, à travers la coalition électorale, iront à l’assaut d’El
Mouradia. Aboudjerra Soltani, infortuné politique, ne trahirait aucun
deal s’il se présente à l’élection présidentielle. Devenu galérien après
avoir longtemps fréquenté les salons feutrés de la République, Soltani a
l’envie aiguisée de revanche sur le sort et sur les hommes qui l’ont
renvoyé refaire ses classes parmi ses frères d’obédience. Parmi le
conglomérat des chefs de partis islamistes, Djaballah, excepté, il
jouirait d’une sorte de droit d'aînesse. Ce qui pourrait le destiner à
être en tête de la diligence islamiste en partance pour la très
convoitée El Mouradia. Ceci, bien évidemment, si la maison islamiste ne
viendrait pas d’ici là à connaître des fissurations. Auquel cas, ce sera
à qui mieuxmieux entre Soltani, Akkouchi et Rebai, les trois architectes
de l’Alliance de l’Algérie verte (A.A.V). Abdallah Djaballah, l’homme
aux trois partis perdus, pourrait être amené, une fois encore, à miser
dans la course à la présidentielle. Faisant figures de recalés du
printemps arabe, les islamistes algériens tenteront de jouer les
rattrapages en avril 2014.
Les probables retours sur scène
L’approche de l’élection présidentielle pourrait inciter à des retours
sur scène. Mouloud Hamrouche, qui ne se met pas dans le spectre du
visible que lorsque approche ce rendez-vous déterminant, pourrait
refaire surface. Tout comme Ali Benflis, candidat malheureux à
l’élection présidentielle de 2004. Les deux hommes jouissent encore d’un
capital sympathie parmi les militants du FLN, le second représenterait
même un courant qui y agirait en lame de fond. La grande question qui se
pose et qui devra connaître sa réponse en 2013 est de savoir si
Hamrouche et Benflis accepteraient de concourir avec un Bouteflika
postulant à sa propre succession. Un risque à prendre, car ils
n’ignorent pas la part de la fraude dans les deux reconductions du chef
de l’Etat. Cependant, quelles qu’en seraient leurs attitudes
respectives, il est fort à parier que des voix les réclameraient.
S. A. I.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. A. I.

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