AGRICULTURE: Où vont les financements bancaires accordés ?

Lesoir; le Lundi 24 Decembre 2012
2

Où vont les financements bancaires accordés aux différents opérateurs du secteur de l’agriculture et de la pêche ?
Cherif Bennaceur - Alger (Le Soir) - Ce questionnement, les membres
de la Commission de l’agriculture, de la pêche et de la protection de
l’environnement de l’Assemblée populaire nationale (APN) qui ont reçu
hier en audition le président-directeur général de la Banque de
l’agriculture et du développement rural (Badr) l’ont clairement formulé.
Réagissant aux montants avancés par le P-dg de la Badr, Boualem Djebbar,
plusieurs centaines de milliards de dinars de crédits d’exploitation et
d’investissement octroyés aux agriculteurs et industriels, notamment
sous forme bonifiée, au-delà des autres financements impliquant la
banque en matière de régulation des produits de large consommation,
soutien à la création d’entreprises (dispositifs Ansej et Cnac...),
leasing (mécanisation), pêche et aquaculture, des députés de plusieurs
régions du pays se sont ainsi interrogés sur le sort de ces sommes
considérables. Outre les difficultés liées notamment aux lenteurs dans
le traitement des dossiers de crédits, aux contraintes administratives
et autres aléas, plusieurs députés ont relevé que les dispositifs de
bonification (Rfig, Etahadi...) développés par la Badr ne sont pas
opérationnels dans plusieurs wilayas et que les financements annoncés ne
bénéficient pas à tous (notamment à El Oued). En d’autres termes, les
chiffres avancés sont loin de correspondre à la réalité du terrain,
outre une préoccupation parlementaire portant sur l’impact réel de ces
financements sur la réduction de la facture d’importation. Des
interrogations auxquelles le P-dg de la Badr a répondu soit pour leur
apporter des précisions techniques (relativement à la latitude d’action
de la banque en matière de financement, les conditions et modalités de
bonification....) ou pour les éluder dans la mesure où elles dépassent
les prérogatives de la banque. Certes, Boualem Djebbar reconnaît que les
dispositifs de bonification ne sont pas fonctionnels dans toutes les
wilayas du pays, le maillage bancaire reste à parfaire pour satisfaire à
toutes les demandes, des problèmes d’ordre juridique se posent parfois
(absence de documents attestant de la propriété...) et que le processus
de concession des terres agricoles commence à peine à prendre forme...
Néanmoins, il relève un certain manque de demandes de crédits (notamment
à El Oued) comme il estime que les dysfonctionnements administratifs ne
peuvent freiner la dynamique de financement et qu’une démarche de
facilitation, de souplesse en matière de traitement des dossiers,
remboursement des crédits... est à l’œuvre au niveau de sa banque. Et ce
dans la mesure où la Badr «sait où vont les financements accordés» et
opère un suivi efficient, relèvera Boualem Djebbar. Ce dernier n’a pas
manqué par ailleurs, d’assurer, avec forces chiffres, que la facture
d’importation, céréalière et autres, enregistre une certaine tendance
baissière grâce notamment aux mesures et dispositifs de soutien
concédés. Dans ce contexte, Boualem Djebbar indique que la Badr compte
consacrer à moyen terme 200 milliards de dinars sous forme de crédits
d’investissement aux nouvelles exploitations agricoles et un montant
similaire pour les exploitations en concession, ainsi que 100 milliards
de crédits d’exploitation. D’autre part, le P-dg de la Badr, qui a
rappelé que les dettes de 34 300 agriculteurs et éleveurs ont été
effacées pour un montant de 21, 3 milliards de dinars, a indiqué que des
transformateurs ont pu bénéficier également de 1,7 milliard de dinars de
facilitations financières. Par ailleurs, l’hôte de l’APN a indiqué que
quelque 7 000 dossiers sont en cours de mobilisation au niveau du Fonds
de garantie agricole, lancé récemment, pour une valeur prévisionnelle de
3 milliards de dinars.
C. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): C. B.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..