APPEL AU MEURTRE DE KAMEL DAOUD: La réaction «molle» de Louh

Lesoir; le Samedi 20 Decembre 2014
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Réaction pour le moins «molle» que celle du ministre
de la Justice et garde des Sceaux, très attendue sur l’affaire Kamel
Daoud, à l’opposé de celle de son confrère du gouvernement, celui de la
communication qui a condamné d’une façon qui ne prête à aucune équivoque
la condamnation à mort de notre confrère et illustre écrivain par un
illuminé.

M. Kebci - Alger (Le Soir)
«Il faut consacrer l’Etat de droit en Algérie. Si quelqu’un se sent
victime d’un préjudice, il peut déposer une plainte devant la justice»
s’est, en effet, limité Tayeb Louh à répliquer à son interpellation, ce
jeudi au sortir d’une séance plénière à l’APN consacrée, entre autres, à
l’adoption du projet de loi portant modernisation de la justice.
Une réaction pour le moins mitigée de la part du ministre de la Justice
dont beaucoup de monde attendait plus de fermeté et de détermination à
faire taire cet appel public à la mort par un illuminé de la mouvance
islamiste à l’encontre d’un intellectuel qui ne cesse de collectionner
distinction sur distinction en reconnaissance de son talent d’écrivain
et de courageux journaliste.
Et cette réaction «mitigée» de Louh contraste mal d’avec celle de son
collègue de l’exécutif, celui en charge de la communication. En effet,
Hamid Grine ne s’est nullement empêché le même jour de condamner l’appel
au meurtre lancé par l’imam salafiste Abdelfatah Hamadache contre
l’écrivain et journaliste Kamel Daoud. «Je condamne toute menace contre
tout citoyen et évidemment contre Kamel Daoud. Je condamne toute forme
de violence écrite ou verbale», a-t-il en effet soutenu en marge de
l’inauguration, jeudi, du musée de la Radio. Et d’ajouter : «Je suis
pour la culture de la tolérance, du dialogue et de l’échange». «Je suis
contre l'insulte et pour le dialogue et la tolérance», exprimant, au
passage, sa confiance en la justice de notre pays saisie par notre
confrère contre ledit imam salafiste. «La justice algérienne est
souveraine et laissons la faire son travail en toute indépendance», a
encore déclaré Grine.
Ceci dit, ces menaces de mort proférées par ce triste Hamadache contre
le chroniqueur Kamel Daoud continuent de susciter condamnation et
désapprobation de la classe politique.
C’est ainsi que le MPA (Mouvement populaire algérien) soutient, dans un
communiqué rendu public, avoir appris avec «une très grande
consternation», et «une immense révolte et beaucoup d’inquiétude», les
déclarations criminelles d’un imam politique». Le parti du ministre du
Commerce, Amara Benyounès, qui considère que cet appel au meurtre
«d’intolérable», en appelle à une réaction «immédiate et énergique». Et
de condamner «avec la plus grande vigueur ces propos criminels et leur
auteur, sans doute nostalgique de la décennie noire où de tels discours
ont produit la tragédie nationale».
M. K.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. K.

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