Bouira: C’est toujours la crise au sein de l’APC d’El Adjiba

Lesoir; le Vendredi 6 Decembre 2013
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La crise qui secoue l’APC d’El Adjiba s’éternise et
les responsables au niveau de la wilaya semblent se complaire dans cette
situation qui n’arrange guère les citoyens de cette commune située à 30
kilomètres au sud-est de Bouira et qui sont otages de ces blocages qui
durent depuis plus de trois ans.
Ainsi, après avoir vécu un premier blocage avec l’ex-P/APC, aujourd’hui
démis de ses fonctions par le wali après sa condamnation à la prison
ferme dans une affaire liée à une mauvaise gestion des deniers publics,
une nouvelle élection a été provoquée et sur laquelle tous les élus
fondaient leur espoir.
Or, lors de cette nouvelle élection, les élus de l’opposition, qui se
comptaient parmi la liste indépendante dirigée par l’ex-P/APC, Karim
Kheddis, qui avait raflé sept sièges sur les quinze que compte l’APC, se
sont sentis trahis par certains élus. Résultat : l’espoir né de cette
nouvelle élection s’est vite estompé et le chef de daïra de Bechloul,
qui supervisait cette nouvelle élection, allait en fait installer un
nouveau P/APC contesté dès le début puisque les sept élus indépendants
ont sur place fait savoir qu’ils ne travailleraient pas avec le nouveau
P/APC. Ce fut de nouveau le blocage et cela a duré plus d’une année.
Début mai dernier, et après plusieurs correspondances envoyées au wali
par les élus de l’opposition, principalement par les élus de la liste
indépendante dans laquelle ils sollicitaient une audience au wali pour
lui expliquer les multiples infractions à la loi commises par l’actuel
P/APC, et n’ayant jamais été reçus par le wali, ces élus ont fini,
ultime acte de désespoir, par adresser une lettre de démission
collective. Dans leur esprit, le wali allait comprendre la gravité de
leur geste et les appeler pour les écouter.
Sans résultat puisque le wali les ignorera totalement et chargera le
Drag de faire appel à la loi, notamment les articles 40,41 et 42 de la
loi 10/11 du 22 juin 2011 relative à la commune et la loi 12/07 du 21
février 2012 relative à la wilaya, pour procéder… au remplacement de ces
huit élus – dans la lettre de démission collective du 5 mai, il y avait
outre les sept élus indépendants, un huitième du parti Al Moustakbal —
par les candidats qui sont venus juste après dans la liste de
candidatures. Une aberration quand on sait que ces personnes auxquelles
la Drag fait appel, appartiennent à la même liste, c’est-à-dire,
pratiquement au même parti, et donc tenus tous par la discipline
partisane et ne pouvant trahir leurs camarades et siéger à leur place.

D’ailleurs, dans cette situation burlesque, personne n’arrive à
comprendre comment le législateur avait pondu cette loi en proposant le
remplacement des élus démissionnaires – démission généralement qui se
fait comme un acte politique – par leurs camarades d’une même liste.
Ainsi, comme il fallait s’y attendre, le même jour où les nouveaux élus
ont reçu leur lettre d’installation et d’une manière individuelle,
chacun en remplacement d’un élu, les sept nouveaux élus de la liste
indépendante ont envoyé à la Wilaya leur lettre de démission collective.

Ainsi, la fuite en avant de la Wilaya s’est une nouvelle fois ponctuée
par un échec cuisant dans la gestion de cette crise de l’APC d'El Adjiba.
Un retour à la case départ. Que feront à présent le wali et la Drag ?
Appliqueront-ils l’article 46 du code communal qui évoque la dissolution
de l’Assemblée communale en cas de dissensions graves entre les membres
de l'Assemblée populaire communale, empêchant le fonctionnement normal
des organes de la commune et après mise en demeure de l'assemblée par le
wali, restée sans effet ; feront-ils appel à un administrateur, ou le
cas échéant, laisseront-ils l’actuel P/APC et son équipe réduite, à
poursuivre leur mandat en optant pour chaque délibération à sa signature
par arrêté du wali ?
Y. Y.

Categorie(s): régions

Auteur(s): Y. Y.

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