CORRUPTION, CRIME ET ÉVASION FISCALE : Les pays émergents ont vu 858 milliards s'évaporer en 2010

Lesoir; le Lundi 24 Decembre 2012
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Selon une étude de l'association américaine Global Financial Integrity (GFI), étude rendue publique le 17 décembre 2012, 858 milliards de dollars estampillés «illicites » auraient quitté les pays émergents en 2010, en augmentation de 10% par rapport à l'année précédente.
Le phénomène est connu, mais les chiffres interpellent. Selon une
étude de l’association américaine Global Financial Intergrity (GFI), les
pays en développement auraient vu pas moins de 858 milliards de dollars
de fonds de la corruption, du crime et de l’évasion fiscale passer leurs
frontières pour le seul exercice 2010. Si ce type de chiffre est
évidemment à manier avec des pincettes, étant donné les biais liés à
l’opacité de ces flux, il n’en reste pas moins vrai que la tendance va
crescendo. Selon GFI, cette fuite de capitaux est en hausse de 10% par
rapport à 2009, où ces fonds ont été évalués à 776 milliards de dollars.
Une fois encore, toutes les précautions dont il faut faire preuve,
l’étude dégaine un «chiffre choc». Elle estime à près de 6 000 milliards
ces «sorties illicites» sur la période 2001- 2010.Mais où va donc se
cacher cet argent ? Pour Raymond Baker, le patron de GFI, ces fonds
«nocifs» filent tout droit «dans les paradis fiscaux et les banques des
pays développés». Il constate ainsi que ces flux sont de plus en plus
importants alors que la sphère économique mondiale peine, de manière
générale, à relancer la croissance. Avant d’y voir «un signal d’alarme »
aux dirigeants mondiaux, appelés à intensifier leur lutte contre «ce
fléau». Dans la même veine, l’économiste Sarah Freitas, co-auteure de
l’étude, déplore les conséquences de cette fuite de capitaux qui
auraient pu «être utilisés pour sortir les gens de la pauvreté ou sauver
des vies».
La Chine en pole position
Dans son enquête, GFI élabore également un classement des pays les
plus touchés par ces exodes des fonds illicites en 2010. Avec 420
milliards, la Chine arrive de très loin en pole position. Ce qui
équivaut à 7,1% de son PIB du pays cette même année (5. 878 milliards de
dollars). La Malaisie, le Mexique et la Russie complètent ce classement,
avec des fuites de fonds respectives de 64, 51 et 43 milliards de
dollars. Reste que le cas chinois n’est guère surprenant, tant le pays a
récemment été miné par des scandales de corruption, impliquant les plus
hautes sphères politiques du pays. Ces cinq dernières années, Pékin a
affirmé avoir sanctionné quelque 660 000 cadres du Parti communiste
chinois (PCC). Le nouveau «grand timonier» (au passage dans le
collimateur de l’agence Bloomberg, qui a estimé sa fortune personnelle à
plusieurs centaines de millions de dollars) a ainsi fait de la lutte
contre la corruption une «priorité». Lors de son premier discours devant
le nouveau bureau politique du parti communiste à la mi-novembre, il a
reconnu que le problème se faisait «plus aigu» et menaçait «de détruire
in fine le parti et le pays». Selon nombre de spécialistes de la
question, la libéralisation financière et l’idéologie économique
dominante ont favorisé la prolifération de paradis fiscaux et de
mécanismes permettant aux grosses fortunes et aux multinationales
d’échapper à leurs responsabilités envers les Etats. Pour le Sud, les
effets de l’évasion et de la fraude fiscales sont désastreux.
L’alternative réside dans la coopération internationale face au
détricotage des systèmes de redistribution de l’impôt.
D. H.

Categorie(s): corruptions

Auteur(s): D. H.

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