CRÉATION DE MICROACTIVITÉS ÉCONOMIQUES: Fort engouement, attentes multiples

Lesoir; le Samedi 29 Decembre 2012
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L’engouement pour la création d’activités économiques par le biais de microcrédits s’est accru durant les dernières années, même si de multiples attentes, notamment en termes de formation, restent à exaucer.
Chérif Bennaceur - Alger (Le Soir) - «J’ai bénéficié d’un crédit
bancaire et d’un prêt non rémunéré (sans intérêt) de l’Agence nationale
de gestion du microcrédit (Angem) pour lancer une menuiserie à mon
propre compte. J’ai démarré cette activité dès 2010», indique un jeune
promoteur d’Aïn-Témouchent, Yacine Zettam. Rencontré jeudi dernier au
Palais des Expositions des Pins-Maritimes à Alger où s’est ouvert, pour
une durée de 72 heures, le 3e Salon national de la microjactivité,
organisé par l’Angem, Yacine a expliqué que ce financement (près de 40
millions de centimes) lui a permis d’acquérir le matériel et les
matières premières pour lancer une activité de menuiserie mais aussi de
la sculpture sur bois. «Mon activité se développe bien», assure ce jeune
promoteur qui ne manque pas d’ambitions. «Une extension de mes
activités. Pourquoi pas ?», relève Yacine, confiant au demeurant. Cela
même si la capacité de mobiliser d’autres ressources financières
notamment bancaires pose problème pour cette catégorie de promoteurs,
risquant de rendre vaines leurs attentes. Autres attentes, celles
inhérentes à la formation. Et c’est ce qu’un fabricant d’instruments de
musique de Skikda ne manquera pas d’évoquer à l’adresse du ministre de
la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme,
Souad Bendjaballah, qui a inauguré cette manifestation. Ayant bénéficié
d’un petit prêt non rémunéré pour l’achat de matériel, H. Bahri a pu
lancer la fabrication de luths, de rbeb et autres instruments
traditionnels, contribuant ainsi à la préservation du patrimoine
national. Au-delà de la problématique du coût élevé de certains
intrants, ce fabricant estime ainsi que la formation reste encore
insuffisante et qu’il est nécessaire de développer la formation
spécialisée tant dans son domaine d’activité que pour les autres métiers
d’artisanat et de petite industrie. En ce sens, une implication plus
forte d’autres institutions est souhaitable pour répondre à ce genre
d’attentes. Et des attentes, les 130 exposants lors de ce salon,
originaires de 40 wilayas et ayant bénéficié de microcrédits, n’en
manquent pas concernant essentiellement l’amélioration de
l’environnement économique et le règlement des problèmes d’ordre
administratif et bancaire en particulier.
L’Angem œuvre pourtant
Et cela même si le directeur général de l’Angem, Mohamed El Hadi
Aouaidjia, assure que son établissement public œuvre continuellement en
ce sens. L’on évoque ainsi les mesures d’allègement administratif et
bancaire concédées les dernières années, une concertation permanente
avec les banques pour la fluidification des processus de traitement des
dossiers, le relèvement des plafonds de prêts non rémunérés pour l’achat
de matières premières et de matériels… Dans ce sens, le DG de l’Angem
relève que le montant du crédit non rémunéré pour l’achat de matières
premières a été relevé de 100 000 dinars à 250 000 dinars pour les
jeunes promoteurs des wilayas du Sud, une disposition effective dès
2013. Comme l’Angem veille «à accompagner les promoteurs», à «trouver
des solutions en cas de difficultés (de remboursement)», à «les aider à
relancer leurs activités», dira son directeur général. Parmi ces
solutions, l’on évoque la possibilité de rééchelonner les dettes, de
bénéficier des garanties du Fonds de garantie mutuelle du microcrédit…
Le dirigeant de l’agence évoque également le coaching, l’organisation de
cycles de formations spécifiques en matière de gestion et marketing au
profit des promoteurs. Ce qui explique certainement l’engouement pour ce
dispositif, d’autant que le volume des crédits accordés par l’Angem n’a
cessé de croître depuis la création de cette agence en 2004, sous
l’égide du ministère de la Solidarité nationale.
Près de 440 000 crédits accordés
Ainsi, en huit ans, l’Angem a accordé 439 929 crédits dont 94%
concernent le prêt achat de matières premières (413 554 crédits) et 6%
les prêts triangulaires (Angem-banque-promoteur) au nombre de 26 369.
Relevant un rythme croissant des prêts, de l’ordre de 25 000
annuellement ces dernières années, le DG de l’Angem indique qu’en 2012,
un volume de 125 000 prêts a été traité. De même, M. Aouaidjia note que
60,70% des crédits, soit 267 021, ont été accordés à des femmes contre
172 902 prêts pour les hommes (39,30%). Ces prêts concernent
essentiellement la très petite entreprise (33,94%), les services
(20,99%), l’artisanat (19,30%) et l’agriculture (17,01%) tandis que les
secteurs du BTP et du commerce ne représentent que 21%. A noter que les
microcrédits accordés ont permis la création de 659 888 emplois dont 400
532 féminins, outre le fait que 7% des bénéficiaires sont des
universitaires.
C. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): C. B.

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