CRISE AU MALI: L’Algérie se reconnaît dans la résolution du Conseil de sécurité

Lesoir; le Lundi 24 Decembre 2012
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Comme pour la première résolution qui recommandait un plan détaillé de l’intervention militaire au Mali, l’Algérie se reconnaît dans les termes de la Résolution 2085, adoptée jeudi dernier par le Conseil de sécurité de l’ONU et à travers laquelle il a autorisé le déploiement de la force africaine. Cette position algérienne a été exprimée dimanche par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani.
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - L’Algérie, qui vient de
parrainer la signature, vendredi, à Alger, d’un accord de partenariat
entre les deux mouvements rebelles touareg, Ansar Dine, islamiste
radical, et le MNLA, indépendantiste laïque, estime que la résolution
reproduit son approche quant à la solution de la crise malienne. «Cette
résolution valide l'approche globale que nous avons développée depuis le
début de la crise malienne, c'est-à-dire la nécessité d'apporter une
réponse multiple à une crise multidimensionnelle pour traiter à la fois
les aspects politique, humanitaire et sécuritaire de cette crise», a
déclaré Belani à l’APS, ajoutant que la résolution «réaffirme les
éléments fondamentaux d'une sortie de crise». Les fondamentaux que le
porte-parole du ministère des Affaires étrangères évoque se rapportent à
la centralité des Maliens et à leur leadership dans la recherche de la
solution à la crise. Mais ce qui a plu également à l’Algérie dans cette
résolution est incontestablement le référent explicite aux deux groupes
terroristes sévissant dans le Nord-Mali, l’Aqmi et le Mujao, comme
constituant une véritable menace pour la région du Sahel. Pour
l’Algérie, la résolution ne saborde d’aucune manière le processus de
négociation entre Maliens auparavant ébauché mais demeuré toujours au
point mort. Aussi réitère-telle, a indiqué Belani, «sa volonté de
poursuivre ses efforts pour aider à réunir les conditions d’une
négociation inclusive et crédible entre les Maliens, ainsi que son
assistance humanitaire et sa contribution au renforcement des capacités
nationales du Mali». S’expliquant sur l’intervention militaire,
désormais autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU, Belani a
précisé la position algérienne. «L'Algérie estime que toute opération
militaire au Mali doit cibler les groupes terroristes et ceux liés au
crime organisé, clairement identifiés par la présente résolution du
Conseil de sécurité et répondre aux conditions de succès en termes de
planification, de mobilisation des moyens, d'expertise et de prévention
de cette action sur la population civile.»
Bamako toujours indécise
Le Conseil de sécurité de l’ONU a préconisé, dans sa dernière résolution
sur le Mali, d’accorder le privilège à la solution politique. Ce qu’a
d’ailleurs noté Belani qui a relevé que ledit Conseil a réservé une
place majeure à la solution par la voie du dialogue inclusif et une
négociation «crédible» entre le gouvernement malien et les mouvements
rebelles qui respectent le principe de l’intégrité territoriale du Mali
et qui se démarquent des groupes terroristes. Les mouvements rebelles
Ansar Dine et le MNLA ont affiché toute leur disponibilité pour une
solution politique négociée. Ils l’ont fait communément depuis Alger,
plaçant du coup la balle dans le camp des autorités de transition
maliennes qui, elles, ne semblent aucunement portées sur une
accélération du processus. La conférence nationale du dialogue devait
initialement être organisée fin novembre. Elle a été reportée sine die
une première fois, avant que la déposition du Premier ministre par les
hommes du capitaine Sanogo ne vienne la repousser encore à une date
indéterminée. Des tergiversations qui ne sont pas pour éviter
l’intervention militaire à laquelle la Cédéao s’est préparée depuis
plusieurs mois. Il pèse sur les autorités maliennes comme un soupçon
d’obstruer la voie du dialogue dans le but d’ajouter à la probabilité de
l’intervention armée. Une intervention, au demeurant, réclamée par
Bamako fort assurément guidée vers cette voie par les va-t-en-guerre
occidentaux. Les accords d’Alger entre Ansar Dine et le MNLA se veulent
être un appel à Bamako pour hâter le processus de dialogue.
S. A. I.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. A. I.

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