Drogues: De plus en plus de jeunes pris au piège de la toxicomanie

Lesoir; le Vendredi 6 Decembre 2013
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La consommation de drogue est la nouvelle tendance
que cultivent les jeunes et les moins jeunes aujourd’hui. Les chiffres
sont alarmants et ils ne sont que la partie apparente de ce drame
social.
Naouel Boukir - Alger (Le Soir) - Si ce fléau touchait davantage
les adultes auparavant, il s’attaque de plus en plus aux catégories
jeunes ces dernières années. Et tenez-vous bien, les drogues s’immiscent
même au sein des collèges et des écoles primaires.
Officiellement, la toxicomanie concerne plus de 900 000 personnes.
Evidemment, ce sont seulement celles qui ont pu avouer leur accoutumance
qui ont été recensées. Le reste échappe aux statistiques. Mais le
constat est tout de même bien révélateur : les jeunes sont
principalement les plus affectés par ce phénomène. Le professeur Mohamed
Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion de la
santé et le développement de la recherche (Forem), a révélé que parmi
les 900 000 toxicomanes enregistrés, plus de 73% ne dépassent pas les 30
ans. Concrètement, 15% d’entre eux sont des collégiens, 27% des lycéens
et 31% des universitaires, a-t-il précisé.
Mais quelle solution pour ce fléau de destruction massive ? Le
professeur a notifié que le recours à la médicalisation intensive en
aval n’a pas généré les résultats escomptés. «Le plus judicieux» est une
sensibilisation efficace et continuelle, surtout en amont puisqu’on est
jamais assez vigilant. Il y a lieu d’insister aussi sur l’importance
d’incorporer «un suivi psychologique» à la prise en charge médicalisée
des toxicomanes. Ce qui ne se fait malheureusement pas aujourd’hui, a
regretté le président de la Forem.
En effet, il y a bien eu création de 185 cellules d’écoute et de
sensibilisation sur les effets destructifs liés à la consommation des
différentes drogues et spécialisation de 15 hôpitaux pour le traitement
des toxicomanes qui mobilisent à leur profit 53 centres intermédiaires
de soins. Or, cela n’aboutit pas réellement à grand-chose puisque les
personnes concernées sont très réticentes à se confier à ces organismes
publics. C’est pourquoi le professeur appelle à la mise en place de
«centres anonymes» régentés par des collectifs associatifs et soutenus
par les pouvoirs publics. Ceci, afin que les toxicomanes, jeunes
surtout, soient plus enclins à s’y présenter et livrer leur besoin
d’aide quant à leur problème d’accoutumance.
Cependant, face à ce manque de dispositifs de prise en charge, les
facteurs drainant la toxicomanie en Algérie se prolifèrent. Il y a non
seulement les frontières ouest qui approvisionnent de manière effrénée
nos jeunes en substances psycho-actives, kif et cannabis mais aussi la
peine d’emprisonnement qui s’applique aux toxicomanes. D’ailleurs, 40%
des personnes internées le sont en raison de la consommation de drogue.
A défaut de leur administrer un suivi psychologique, ils subissent un
traitement semblable à celui des autres détenus. «Une école de crime»
qui transforme certainement ces simples toxicomanes en criminels
potentiels.
N. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): N. B.

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