ÉLECTIONS SÉNATORIALES: Quand l’argent s’en mêle !

Lesoir; le Dimanche 30 Decembre 2012
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Hier ont eu lieu les élections sénatoriales pour le renouvellement de la moitié des membres de sénateurs, au titre d’élus, appelés à remplacer les parlementaires de la Chambre Haute dont le mandat qui est de six ans arrive à expiration. Cette opération très particulière concerne, faut-il le rappeler, uniquement les élus locaux issus donc des dernières élections du 29 novembre dernier.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Dans chacune des quarante- huit
wilayas, il y a lieu, en effet, d’élire un nouveau sénateur. Une
«affaire» entre élus seulement, à savoir qu’aussi bien les candidats que
les électeurs sont ou membres de l’Assemblée communale ou de wilaya.
Théoriquement donc, cette mini-élection ne devrait être qu’une réplique
en miniature du double scrutin local du 29 novembre. Mais sur le
terrain, rien n’est vraiment joué à l’avance et pour cause, le vote
étant à bulletins secrets, les alliances se font entre partis
politiques, certes, mais pas seulement. L’argent s’avère souvent le seul
élément vraiment déterminant au point que certains mettent en garde
contre cette dangereuse faille qui permet au monde des affaires
d’investir nos institutions. «Nous sommes en train de reproduire un
système à l’égyptienne, l’ancien système de Moubarak où les hommes
d’affaires avaient réussi à investir le Parlement et le gouvernement.
L’ancien président de la commission des finances au Parlement égyptien
n’était autre qu’un richissime homme d’affaires, par ailleurs secrétaire
général du parti qui était au pouvoir ! Idem pour bien d’autres
ministres du secteur économique, tous hommes d’affaires et amis du
président déchu.» Cette confidence que nous a faite une source proche de
la présidence suffit pour avoir un aperçu sur l’ampleur des dégâts.
«Qu’en sera-t-il lorsque des hommes d’affaires s’empareront de la
commission des finances ou celle juridique à l’APN ou au Sénat ? Et
d’ailleurs, souvenez-vous du scandale de la friperie lorsque des hommes
d’affaires de Tébessa avaient réussi à triturer un article de la loi de
finances via la commission des finances de l’APN.» Hier, dans la
journée, tous les états majors des partis politiques étaient mobilisés
pour suivre les élections sénatoriales mais personne ne se faisait
d’illusions. «Nous n’avons aucun résultat, ni même la moindre idée sur
les grandes tendances de cette élection. Nous attendons le résultat
final», nous dit, par exemple, Kassa Aïssi, membre du bureau politique
et porte-parole du Front de libération nationale, parti qui compte
pourtant le plus grand nombre d’élus locaux à l’échelle nationale. Cela
veut tout dire...
K. A.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): K. A.

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