ÉNERGIE : LE MINISTRE CONTREDIT LE P-DG DE SONATRACH: C’est qui le patron ?

Lesoir; le Jeudi 27 Decembre 2012
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Totale confusion autour de l’attribution d’un forage offshore au groupe français CGG Veritas. L’information donnée à ce sujet par le P-dg de Sonatrach a été démentie le lendemain par le ministre de l’Energie. Qui dit vrai ?
Nawal Imès- Alger (Le Soir) - La mise au point ne s’est pas fait
attendre. Le ministre de l’Energie et des Mines a apporté la
contradiction au P-dg de Sonatrach, remettant en cause des déclarations
faites la veille par ce dernier. Pour Youssef Yousfi, aucune exploration
offshore n’a encore été attribuée. Formel, il dira : «Nous n’avons
attribué aucune exploration offshore. Ce projet est en cours d’études
géophysiques et géotechniques. » Que disait Abdelhamid Zerguine, la
veille depuis Tiaret ? Tout le contraire. «Le contrat du premier forage
offshore a été attribué dimanche au groupe CGC Veritas, qui va en outre
réaliser des études sismiques », affirmait-il ajoutant : «Nous
communiquerons les précisions plus tard» en réponse à une question sur
la zone côtière où CGG Veritas devait effectuer ce premier forage en
offshore en Algérie. Des déclarations qui ne souffrent aucune ambiguïté.
Aux journalistes qui rappelaient au ministre de l’Energie que c’est tout
de même le premier responsable de Sonatrach qui a évoqué l’attribution
du projet au groupe français, le ministre s’est refusé à tout
commentaire. Et pourtant, des précisions s’imposaient. Le P-dg de
Sonatrach, premier responsable d’une des plus grandes entreprises
pétrolières, n’a pas pu faire ses déclarations sans être certain de leur
véracité. Toute la question est de savoir si ce dernier a mal choisi le
moment pour en parler. Le ministre de l’Energie aurait-il préféré
temporiser avant de médiatiser l’accord conclu avec le groupe français ?
Cette attribution a-t-elle un quelconque lien avec la récente visite du
président français ? Autant de questions auxquelles s’ajoute une
interrogation centrale sur la manière dont est géré le secteur. Un
secteur où toutes les informations sont susceptibles d’avoir des
répercussions. L’information économique, l’attribution de contrats en
particulier, fait l’objet d’un intérêt audelà des frontières
géographiques. D’ailleurs l’information donnée par le P-dg de Sonatrach
a été largement reprise par la presse spécialisée à l'affût des moindres
soubresauts des marchés. Début novembre, la Sonatrach annonçait qu’elle
allait réaliser ce forage seule si elle ne parvenait pas à trouver un
partenaire jouissant d’une expérience avérée dans ce domaine. La donne a
visiblement changé. Pour rappel, Sonatrach avait acquis en 2000 de
l’entreprise Western Geco, une filiale de Schlumberger spécialisée dans
les services géophysiques, des Data sismiques en 2D sur 10 000 km2
d’offshore. Le groupe avait également acquis en 2011 des data sismiques
en 2D sur 5 000 km2 supplémentaires. Le traitement et l’interprétation
de ces données sismiques ont révélé une probable existence d’un
potentiel d’hydrocarbures. Les données sismiques offshore acquises
l’année dernière concernent deux blocs d’exploration, dont un de 3 000
km2, situé entre Béjaïa et Annaba et un second entre Ténès (Chlef) et
Mostaganem de 2 000 km2. Ces données sismiques ont révélé que les zones
susceptibles de contenir des hydrocarbures sont situées entre 2 000 et 2
500 mètres de profondeur. Le coût d’un seul forage en mer avoisine les
100 millions de dollars. L’exploitation se fera-t-elle en association
avec le français CGG Veritas ?
N. I.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): N. I.

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