Il est décédé hier à l’âge de 84 ans: Le poète égyptien Ahmed Fouad Negm rejoint Cheikh Imam

Lesoir; le Mercredi 4 Decembre 2013
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Le poète égyptien Ahmed Fouad Negm est mort ce mardi
3 décembre 2013 à l'âge de 84 ans, a annoncé hier aux médias l'un de ses
proches, l'intellectuel et éditeur Mohamed Hachem.
Ahmed Fouad Negm, surnommé El Fagommi, est un des symboles de la poésie
arabe engagée. Il est aussi un des critiques acerbes, surtout depuis la
guerre israélo-arabe de juin 1967, des régimes successifs en Égypte, de
Gamal Abd El Nasser, à l’islamiste Mohamed Morsi. Cette icône panarabe
de la contestation est le compagnon de route du chanteur révolutionnaire
Cheikh Imam, mort en 1995, très prolifique durant les années 1970 et
1980.
Ahmed Negm, né en 1929 dans le nord de l'Égypte, a passé, au total, 18
années de sa vie derrière les barreaux, incarcéré pour ses poèmes. Mais
cela ne l'a pas empêché d'écrire des poèmes même en prison.
En 2007, il a été nommé ambassadeur des pauvres par les Nations-Unies.
Lors de la révolte populaire du début 2011 qui avait renversé le
président Hosni Moubarak, Ahmed Fouad Negm avait soutenu les
manifestants qui ont repris, durant les 18 jours de la révolte,
plusieurs de ses poèmes sur la place Tahrir du Caire. Mais, en 2012, il
sera accusé par la justice égyptienne d’atteinte à l’islam lors
d'interventions télévisées.
Cet ami de Pablo Neruda et de Che Guevara avait, en outre, pris
l'initiative en 2011 de rassembler un million de signatures afin de
supprimer la mention de la religion dans les documents officiels. Il est
le père de la journaliste, activiste des droits de l'Homme et bloggeuse
égyptienne Nawara Ahmed Fouad Negm.
Fouad Ahmed Nagm est l’auteur d’un célèbre poème, mis en musique par
Cheikh Imam en 1973 et dans lequel il dit :
«Quand le soleil se noie dans une mer de brume,
Quand une vague de nuit déferle sur le monde,
Quand la vue s'est éteinte dans les yeux et les cœurs,
Quand ton chemin se perd comme dans un labyrinthe,
Toi qui erres et qui cherches et qui comprends,
Tu n'as plus d'autre guide que les yeux des mots.»
Ce poème servait d'ouverture à tous les concerts de Cheikh Imam.
K. B.

Categorie(s): culture

Auteur(s): K. B.

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